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États généraux de l’alimentation
« Le Nutella est subventionné par la pomme Royal Gala ! »

Le réseau des chambres d’Agriculture a organisé une table ronde* sur les EGalim le 28 septembre en présence du ministre de l'Agriculture. Il a beaucoup été question des prix des fruits et légumes en GMS.

 

Serge Papin et Guillaume Garot figuraient parmi les intervenants.
© Claire Tillier

Les propos ne sont pas d’un acteur de la filière fruits et légumes, mais de quelqu’un qui connaît particulièrement bien les pratiques de la GMS : Serge Papin, président de Système U. La grande distribution « marge entre 30 et 40 % sur les fruits et légumes », explique-t-il et « c’est moins de 10 % » pour les produits de grande marque. Et d’insister en ajoutant par exemple : « Le coco de Paimpol subventionne le cola », affirmant se sentir plus libre, en précisant qu’il ne se représentera pas à la tête de Système U en mai prochain.

En fait, « la marge sur le Nutella est 3,43 %, celle de la pomme à 36 % », réinterviendra-t-il plus tard expliquant avoir eu les chiffres entre-temps. « Je suis allé à cet atelier avec l’ambition de changer ça. » Pour rappel, Serge Papin copréside l’atelier 5 (“Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs”) avec François Eyraud, directeur général Produits frais de Danone. « Voilà la base de l’injustice que vit le monde agricole aujourd’hui », s’est-il exclamé, fustigeant au passage Michel-Édouard Leclerc qui venait de prédire des hausses des prix des produits alimentaires jusqu’à 15 % pour rémunérer plus justement les producteurs. Des affirmations qualifiées de « mensongères » par Serge Papin. « J’ai fait les calculs, cela concerne moins de 1 %. » « Les propos de Michel-Édouard Leclerc sont scandaleux, a ajouté Guillaume Garot. Il cherche à faire peur pour que rien ne change. »

« Avec l’atelier 5, on a bouclé un projet de contrat, a par ailleurs dévoilé Serge Papin, qui regrette que l’atelier n’ait pas eu le temps de concrétiser d’autres idées. C’est la base d’un accord nouveau qui devrait être mieux en phase avec ce qu’on appelle le prix de revient. On inverse en fait, la construction du prix : on part du prix de la production. Cela marche bien évidemment si c’est en corrélation avec le marché. »

Parmi les autres propositions entendues soit des intervenants, soit de la salle ce jour-là et largement partagées : déverrouiller le seuil de revente à perte en redonnant la main à la production ; mettre en place un fonds de communication commun afin de mieux s’adresser au consommateur ; intégrer l’agriculture et les saisonnalités dans les programmes scolaires…

Reste à savoir ce qui sera retenu à l’issue de tous les ateliers qui se terminent fin novembre. « Nous avons le devoir de réussir. Il faut des mesures concrètes, lisibles et mesurables pour les agriculteurs », a conclu Claude Cochonneau, président de l’APCA.

 

*À la tribune, des présidents d’ateliers Guillaume Garot (CNA), Serge Papin, Jean-Pierre Raynaud (ARF) et Sébastien Windsor (chambre d’Agriculture de Seine-Maritime).

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