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Recherche : des chiens entraînés à détecter des maladies en verger

Le formidable odorat des chiens peut servir à détecter les maladies, rapidement et avec une grande précision. Y compris en arboriculture, comme le montrent les travaux de chercheurs américains.

Ils sont capables de détecter des explosifs, de la drogue et même des cancers… Alors pourquoi pas les maladies des plantes ? Les chiens sont dotés d’un odorat extrêmement développé. Ils possèdent jusqu’à 300 millions de récepteurs olfactifs, un nombre suffisant pour sentir une goutte de sang dans un volume équivalent à vingt-cinq piscines olympiques. Partant de ce constat, des chercheurs américains ont débuté en 1999 des travaux financés par l’USDA (ministère de l’Agriculture des Etats-Unis) sur la détection précoce du chancre bactérien des agrumes par des chiens. Avec grand succès, puisque les chiens entraînés étaient capables de détecter la présence ou l’absence de cette maladie avec une exactitude de 99 % dans des vergers de Citrus nouvellement plantés où entre 1 et 5 % des arbres ont été inoculés avec la bactérie. Le taux d’exactitude de la détection a été de 98 % dans des vergers de Citrus en production. Outre l’efficacité de cette méthode de détection originale, l’un de ses gros avantages est sa vitesse. « C’est beaucoup plus rapide qu’un test en laboratoire, affirme Tim Gottwald, phytopathologiste au laboratoire de recherche horticole de Floride, qui dirige les travaux. Il ne faut qu’une seconde au chien pour savoir si l’arbre est infecté. Si c’est le cas, il se met à l’arrêt devant l’arbre et s’assied. Et pour seule récompense, il n’a besoin que de jouer avec une balle. » Pour analyser un verger de 4 ha, entre 53 mn et 104 mn ont été nécessaires, suivant le niveau de présence de la maladie.

Une détection possible très tôt après l’infection

Les essais en verger de production ont été réalisés sur environ 10 000 arbres. Des techniciens ont observé les feuilles de chaque arbre afin de vérifier la présence ou l’absence du chancre. Souvent, les chiens ont marqué l’arrêt devant des arbres que les techniciens avaient considérés comme non infectés car ils ne présentaient pas de symptômes. Les analyses PCR ont par la suite montré que les chiens avaient raison dans la plupart des cas. « Les chiens pouvaient donc faire en quelques secondes ce que des humains faisaient en plusieurs minutes, et avec une bien meilleure efficacité », résume la revue Citrograph Magazine dans un article consacré au sujet. « Ils peuvent détecter la maladie très tôt après infection, ce que ne peut pas faire la PCR, note Tim Gottwald. La détection peut aussi se faire en hiver, pendant la dormance des arbres. » Des essais ont également été menés en station fruitière, sur des pamplemousses emballés, avec la présence d’un pamplemousse infecté dans certaines boîtes. Là aussi, le taux d’exactitude de la détection a été excellent (98 %), sauf dans les cas où les températures étaient trop élevées. En effet, les chiens détectent mieux les odeurs par temps frais, lorsqu’elles sont moins volatiles. La détection d’une maladie spécifique peut se faire sur des espèces végétales différentes. « Peu importe la plante, si la maladie est la même, les chiens la détectent », assure Tim Gottwald. Plusieurs maladies virales et bactériennes ont été testées. « On n’a pas encore trouvé de maladie que les chiens ne peuvent pas détecter », poursuit le phytopathologiste. D’autres essais ont débuté sur Citrus pour la détection de la maladie du dragon jaune (HLB) mais aussi sur pêcher au Canada, pour la détection de la sharka. Pour le moment, la détection canine reste à l’état de projet. Un nombre limité de chiens ont été entraînés dans le cadre des essais (vingt pour la maladie du dragon jaune, cinq pour le chancre bactérien des agrumes et deux pour la sharka). Tim Gottwald estime le coût d’un entraînement complet, d’une durée de six mois, à 8 000 dollars, et le coût d’un chien entraîné entre 15 000 et 20 000 dollars. Autre limite de la méthode : les chiens ne sont pas entraînés à détecter plusieurs maladies à la fois. Pas parce qu’ils n’en sont pas capables, mais parce qu’il leur manque la parole pour nous dire quelle maladie ils ont repérée…

La détection des insectes plus difficile

Les chiens sont parfaitement capables de détecter des macro-organismes, mais une mise en pratique en verger semble plus compliquée. Dans le cas d’un virus ou d’une bactérie, ce sont en effet toutes les parties de l’arbre qui émettent les composés organiques volatils (COV) de la maladie. Des insectes seraient beaucoup plus difficiles à repérer, car eux seuls émettent ces COV et pas la plante.

 

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