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Le marché des petits fruits dans l’attente de produits français

Alors que la consommation de petits fruits augmente de façon exponentielle, la production en France est stable depuis dix ans. Des projets à grande échelle sont en cours en myrtille et framboise.

La production française de framboise et de myrtille couvre à peine 15% de la consommation. © J. Rocherieu
La production française de framboise et de myrtille couvre à peine 15% de la consommation.
© J. Rocherieu

Riches en fibres, antioxydants, anthocyanes, vitamines C et E, pour un apport calorique faible, les petits fruits sont considérés comme des superaliments, par ailleurs attractifs, gourmands et adaptés aux nouvelles habitudes de consommation (snacking…). En France, la consommation augmente de façon exponentielle, avec un profil d’acheteur plutôt jeune et familial. « En parallèle, la production en France est stable depuis dix ans, avec 3 600 ha dont 2 000 ha de cassis, 700 ha de framboise, 480 ha de myrtille, 350 ha de groseille et 50 ha de mûre », a indiqué Anne Duval-Chaboussou, du CTIFL, lors du webinaire « Les petits fruits rouges revisités » de la Société Nationale d’Horticulture de France.

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La culture du cassis se fait en Val de Loire et Bourgogne, à un moindre degré en région lyonnaise. Les surfaces stagnent, voire diminuent. La framboise est produite en Rhône-Alpes et Corrèze, puis en Val de Loire, Normandie et Ile-de-France, avec en général moins de 5 ha par exploitation et une culture à 70 % en hors-sol. La production de myrtille se répartit entre Aquitaine, Val de Loire, Limousin et Alsace-Lorraine, avec le plus souvent moins de 10 ha par exploitation, mais plus de 20 ha dans les Landes et le Saumurois. La groseille est cultivée en Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire, à un moindre niveau dans l’Oise et en Ile-de-France.

Des projets en myrtille et framboise

Au total, la France produit chaque année 8 000 tonnes de cassis (90 % pour la transformation), 4 000 tonnes de framboise (30 % pour la transformation), 2 000 tonnes de myrtille et 2 000 tonnes de groseille (80 % pour la transformation). L’offre reste toutefois très insuffisante face à l’essor de la consommation qui profite surtout à l’import, notamment de Pologne, Portugal et Espagne mais aussi de pays tiers (Maroc, Serbie, Afrique du Sud, Mexique…). En dix ans, l’importation a augmenté de 104 % en framboise, 485 % en myrtille et 156 % en mûre.

« La production française de framboise couvre à peine 15 % de la consommation, de même pour la myrtille, souligne Anne Duval-Chaboussou. En parallèle, les metteurs en marché signalent une demande importante de petits fruits d’origine française. » Malgré les enjeux technico-économiques, liés notamment à la gestion et au coût de la main-d’œuvre (qui représente 80 % du coût de production en France) une certaine dynamique apparaît toutefois. Depuis deux ans, des projets de production hors-sol de myrtille émergent en Aquitaine, Normandie, Bretagne. De grandes surfaces de framboise (plus de 10 ha) sont aussi en développement en région Centre et Pays de la Loire, ainsi que des plantations de pleine terre de framboise pour la transformation.

A lire aussi : Framboise : comment limiter le risque d'apparition de la grenaille

 

 

Diversifier l’offre

Le terme « petits fruits » regroupe une grande diversité d’espèces et variétés. Au-delà des cassis, framboises, myrtilles, groseilles et mûres, l’offre, en circuit court surtout, comporte parfois des groseilles à maquereau, azeroles, cynorrhodons, baies de sureau. Et d’autres espèces existent, surtout destinées aux amateurs. La pépinière Ribanjou propose ainsi 240 espèces et variétés de petits fruits de 15 familles et 28 genres (canneberge, fraise des bois, airelle, camérisier, caseille, amélanchier, goji, maqui, arbousier…).

Des croisements sont aussi faits, notamment au sein du genre Rubus, qui compte plus de 740 espèces. Le croisement framboise x mûre a donné la tayberry, plus connue sous le nom déposé de mûroise. Les biotechnologies permettent aussi aujourd’hui d’accélérer la sélection, pour notamment établir la carte génétique d’espèces sauvages et par exemple retrouver le goût sylvestre (myrtille). Dans le genre Rubus, 30 programmes de sélection sont en cours à l’échelle mondiale. Des start-up s’y intéressent également, comme la start-up américaine Pairwise qui veut développer de nouvelles variétés de fruits et légumes en utilisant la technologie Crispr.

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