Aller au contenu principal

Distribution
Le manque de promotion collective, un écueil pour les magasins bio

Natexpo a souligné l’évolution du secteur bio qui subit la montée en puissance de la grande distribution face au réseau des magasins spécialistes.

Tout ce qui compte dans la filière bio s'est donné rendez-vous au salon Natexpo qui s'est déroulé du 20 au 22 octobre au parc des expositons de Paris-Villepinte.
© Philippe Gautier-FLD

Plus de 1 000 exposants (dont 500 nouveaux cette année), 31 500 m2 d’exposition, vingt pays représentés… Le salon Natexpo – qui s’est déroulé du 20 au 22 octobre au parc des expositions de Paris-Villepinte – a une nouvelle fois drainé tout ce qui compte dans le secteur du bio. Le salon a aussi offert une vision pertinente des évolutions qui secouent la filière. Ainsi, l’association Natexbio présentait les résultats d’une étude qualitative des consommateurs des magasins bio, réalisée par Biodéveloppement avec le cabinet Good.

Trois groupes composeraient la fréquentation des magasins bio : les “adeptes” (35 %) acheteurs exclusifs, les “pratiquants” (54 %) acheteurs réguliers mais pas exclusifs, et les “occasionnels” (9 %). Quelles sont les réactions de ces différents types de consommateurs face à l’offre bio en magasins spécialistes et en grande distribution ?

Évidemment, la notion du prix est prédominante : les produits bio sont considérés comme chers, et souvent le manque de connaissance du consommateur sur les coûts de la culture en bio renforce son sentiment de cherté (qu’il traduit par une marge plus importante prise par le magasin). L’étude montre, par exemple, que pour des tomates bio à 2,28 €/kg, il suffit d’une hausse de 20 % de ce prix en magasin bio pour que le consommateur “pratiquant” se tourne vers la grande distribution, jugée plus attrayante. L’étude a aussi évalué comment le consommateur différenciait (ou non) le label Bio avec les démarches de type ZRP : toujours pour une tomate, 65 % des “pratiquants” ne font pas de différence entre le sans pesticide et le bio. Ils sont seulement 25 % chez les “adeptes”.

Un effort d’information important doit donc être fait. « La profession n’est pas organisée collectivement pour faire la promotion du bio. La création d’une structure pourrait y pallier en ciblant à moyen terme écoles et entreprises. Le label Bio devrait être réservé exclusivement au réseau. C’est d’autant plus important face au développement du ZRP. La filière bio est à un moment crucial : elle doit savoir devenir un vrai facteur de performance et non plus seulement l’expression d’une bonne attitude largement partagée. En d’autres termes, le bio a gagné : il doit changer », souligne Bernard Ollié, président du cabinet Good.

 

Les grossistes de marché font salon

Parmi les exposants, on a remarqué la présence de plusieurs grossistes spécialistes du bio installés sur marché de gros : Provinces Bio (Min de Nantes), Presto’bio (Min de Rouen) et Lomme Primeurs (Min de Lille) qui exposait pour la première fois. « Le bio est présent chez nous depuis 2016 sous la marque Labella, précise Pascal Gourmez, responsable de l’offre de Lomme Primeurs (photo). Notre philosophie, qui est aussi un défi, est de proposer une offre en qualité comparable au conventionnel et une proposition différente de ce l’on peut trouver en GMS ou dans les magasins spécialisés.

 

Maison Teulet certifiée Demeter

Le producteur aquitain Maison Teulet (400 ha de vergers et 3 ha de légumes en Haute-Vienne) a profité de Natexpo pour annoncer sa certification Demeter qu’elle a obtenue en septembre. « C’est un appui indéniable pour notre gamme en réseau bio », reconnaît Sandrine Ferrier, gérante (photo). Maison Teulet travaille aussi depuis un an avec E.Leclerc sur une gamme de fruits et légumes frais pour les plus petits. « E.Leclerc voulait une proposition bio pour aider les mères à faire elles-mêmes le repas de bébé. Nous avons proposé une offre adaptée large : pomme Golden (notre principale production), Idared ou Canada grise et de légumes (carottes, poireaux, citrouille, pommes de terre)… Nous commercialisons sous notre propre marque, ce qui une belle porte d’entrée en GMS », souligne Sandrine Ferrier.

 

Élément Terre Bio : objectif 15 %

Élément Terre Bio est la marque dédiée de la coopérative Blue Whale créée il y a trois ans. « Notre objectif est que le bio représente 15 % de l’activité de Blue Whale dans cinq ans, contre 2 % aujourd’hui. La moitié des producteurs adhérents est déjà en bio ou en conversion », expose Benjamin Vincent, responsable bio. L’offre Élément Terre Bio représente aujourd’hui 35 000 t brutes avec des variétés comme Pixie (début de saison), Candine ou Opal. L’activité à l’export a fait un joli bond passant de 2 % en 2018 à environ 10 % cette année, les pommes étant vendues sous la marque Blue Whale Organic en Europe, Asie, Moyen-Orient et Amérique du Sud.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Portrait de Florian Bernard dans son verger de cerises. </em>
Vaucluse : « En cerise, il n’y a pas de solution miracle contre Drosophila suzukii » selon Florian Bernard 

Florian Bernard, producteur membre de l'AOPn Cerises de France, témoigne sur les méthodes de lutte contre la mouche…

<em class="placeholder">Verger de cerisiers</em>
Cerise : cultiver la prophylaxie contre Drosophila suzukii

Pour mieux protéger les vergers de cerisiers du ravageur Drosophila suzukii grâce à de la prophylaxie, les experts du…

Récolte d'ail français
Ail français : « la pression sur les prix a atteint ses limites »

Lors du lancement de la campagne ail français 2026-2027, le 16 juin, l’Association nationale interprofessionnelle de l’…

<em class="placeholder">Tests de fraisiers dans une serre d&#039;expérimentation.</em>
Fraise : des nouvelles variétés pour tous les créneaux

La recherche se mobilise pour tester de nouvelles variétés afin de diversifier l’offre fraise sur le marché. Les variétés…

<em class="placeholder">Cerises sur une branche de cerisier où l&#039;on voit des dégâts causés par Drosophila suzukii. </em>
Cerise et fruits rouges : contre Drosophila suzukii, TerCo CFR veut co-innover 

Lancé en 2025, le projet TerCo CFR réunit producteurs, chercheurs et acteurs locaux pour protéger cerises et fruits rouges de…

<em class="placeholder">Stéphanie Girou, productrice de fraises en Lot-et-Garonne.</em>
Fraise dans le Lot-et-Garonne : « Nous couvrons 60 % de nos besoins en plants »

Stéphanie Girou, productrice de fraises dans le Lot-et-Garonne, a mis en place une pépinière pour produire 60 % de ses plants…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes