Commerce équitable
Le fondateur d’Alter Eco et Michel-Edouard Leclerc créent un laboratoire de l’équitable
Près de 25 filières seront auditées sur une période de dix ans. Les coopératives de fruits équitables le seront dès le début 2009. Les rapports seront transmis aux certificateurs.
« A l'origine c’est une histoire d’homme entre Alter Eco et nos enseignes et puis aujourd’hui avec la légitimité de nos succès, nous avons eu envie d’aller plus loin, s’enthousiasme Michel-Edouard Leclerc en expliquant la création d’un laboratoire du commerce équitable. Nous devons pouvoir nous appuyer sur une démarche organisée afin de sortir d’une querelle d’idéologie purement franchouillarde. » Il existe en effet un besoin d’informations fiables sur le sujet. « On a voulu faire une analyse précise du commerce équitable pour servir sa cause. » Avec ce laboratoire, Alter Eco – via une société de conseil Pur projet – réalisera l’audit de vingt-cinq filières sur une période de dix ans. A l’heure actuelle, quatre audits ont déjà été lancés (deux en Thaïlande, une en Palestine et une au Pérou). « Nous nous sommes rendu compte que les pratiques des différentes coopératives n’étaient pas partagées. L’idée serait ainsi de pouvoir partager les savoirs », a souligné Tristan Lecomte, le fondateur d’Alter Eco. Ces rapports d’audit seront transmis aux certificateurs, que ce soit Max Havelaar ou encore les certificateurs bio. D’ici fin 2009, dix audits seront réalisés, puis validés par Tristan Lecomte. « Notre idée n’est pas de communiquer auprès du grand public mais plutôt de montrer ce qui est positif ou ce qui pourrait être amélioré », précise Michel-Edouard Leclerc. Sur la question d’une ouverture à d’autres acteurs, les deux protagonistes estiment qu’il est possible de l’ouvrir à un distributeur étranger. « C’est une démarche très impliquante. Nous ne sommes pas contre que soient analysées nos démarches MDD Entraide. Mais ce n’est pas plus mal que Carrefour décide de mettre en œuvre une autre démarche », a ajouté Michel-Edouard Leclerc. Max Havelaar et la plate-forme PFCE ont été contactés mais, finalement, ils interviendront en externe. A ce propos, il est possible que Max Havelaar revoit ses standards en séparant le cahier des charges coopérative et plantations. L’audit sur les coopératives de fruits aura lieu début janvier 2009. Cinq personnes et un budget de 200 000 E (moitié Alter Eco, moitié Leclerc) ont été attribués pour le laboratoire.