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Alpes de-Haute-Provence
Le Crédit agricole incite les producteurs de pommes français à se repositionner

La banque régionale s’est donné pour mission d’informer les agriculteurs sur le marché des fruits en Europe afin de réorienter leur politique face à l’ouverture des frontières.

Le Crédit Agricole Alpes Provence a organisé jeudi une réunion sur “le marché des fruits en Europe”. « C’est une des missions du Crédit Agricole d’apporter des informations aux agriculteurs afin de leur faire partager des expériences et les aider à se positionner par rapport à la concurrence,» a déclaré Marc Pouzet. Le grand témoin de cette rencontre destinée aux arboriculteurs, était Alain Vialaret, directeur général de Blue Whale, venu « tenir un discours de gestionnaire afin d’amener les producteurs à réfléchir sur cinq ans. » Sa présentation était axée sur le marché de la pomme, en pleine mutation. En 2005, plus de 6,8 Mt ont été échangées. Mais dans ce schéma, la France qui a été le 1 er exportateur mondial régresse. En cinq ans, elle est passée de 780 000 t exportées à 650 000. En revanche, elle se place au 6 e rang des acheteurs mondiaux avec 210 000 t, ce qui signifie que les exportations diminuent et les importations augmentent. Le diagnostic est important. La tendance devrait être constante à l’horizon 2010, avec la montée en puissance de la Chine, du Chili et de la Pologne. Mais la première raison de s’inquiéter c’est « la volonté politique de l’UE d’ouvrir ses frontières pour accroître la compétition. » Il faudra compter avec « l’ouverture du marché mondial aux petits calibres, les coûts de transport en hausse, la saturation du marché et le manque de renouvellement du verger français. l’arrivée du Smartfresh devrait permettre à l’hémisphère Sud de tenir sur les marchés jusqu’en septembre-octobre ». En revanche, la production française dispose d’atouts. « Sa force commerciale et son organisation, le savoir faire des GMS européennes, la réactivité des producteurs, un marché français favorable à la segmentation. » Néanmoins, avec 5 % de volumes haut de gamme, 55 % de qualité standard et 40 % de 1 er prix, l’offre française devra être réajustée. « Dans cinq ans, le créneau 2 e prix sera investi par la Chine et la Pologne et si nous continuons à faire du 1 er prix, nous courons à la faillite. Mieux vaut travailler un verger de 20 ha pour le haut de gamme que 40 pour le 1 er prix. » Mais le plus urgent pour Alain Vialaret, est d’organiser une stratégie globale pour la pomme française. Reste à savoir qui sera à même de la définir.

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