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Pêche nectarine
Le coef’ vécu comme un camouflet

En refusant de signer le coef’, Christine Lagarde a semé la déception, la colère et l’interrogation au sein de la filière pêche nectarine. Le sentiment de duperie est général.

Alors que toutes les conditions étaient réunies crise conjoncturelle, consensus des organisations professionnelles, signature du ministre de l’Agriculture (c’était une première), le « non » de Bercy a semé la confusion voire la colère dans le landernau de la pêche/nectarine. « Madame Lagarde en viendrait-elle à outrepasser les lois de la République, en l’occurrence une loi obtenue par sa propre majorité parlementaire, et dans quel intérêt ? » s’interroge le Modef Paca. Du côté des FDSEA du Sud-Est, les propos ne sont pas plus aimables. « Cette histoire donne une triste image de l’incapacité de l’Etat à faire appliquer les lois, déplore Gérard Majorel, président du syndicat arbo de la FDSEA 66. C’est à se demander si l’Etat n’a pas cédé aux pressions politiques qu’a fait peser la distribution. » Echo similaire du côté de la FDSEA 30 dont Christian Pauleau préside le syndicat arbo. « Une fois de plus l’Etat s’est plié au diktat de la grande distribution. Nous allons interpeler Christiane Lagarde pour lui demander des comptes. » En Rhône Alpes, Gilbert Charas, président de la fédération régionale des producteurs de fruits est sur une ligne identique. « Nous sommes pris en otage par les Pouvoirs publics qui ne veulent pas appliquer un outil législatif. Nous attendons des explications des ministres Barnier et Lagarde, mais si l’on nous rétorque le vent du libéralisme, nous n’accepterons pas d’en payer le prix. Et, dans ce cas, la situation risque de se durcir. » Bien que moins concerné, André Bernard, président de la FDSEA 84 déplore que « Christiane Lagarde ne soit pas allée au bout. C’était l’occasion de vérifier l’efficacité du coefficient. Je considère personnellement que l’on nous amuse avec ce coeff’. » Dépité, Claude Rossignol, président de la FDSEA 13 se souvient « Dominique Bussereau aussi s’était engagé à mettre en œuvre le coefficient multiplicateur. Nous avons appuyé la demande de mise en place, tout en sachant que se serait non. Cela donne raison à Jérôme Bédier qui considère que le coefficient est à ranger au rayon des farces et attrapes. » Pour sa part, l’association Ecopêche n’a pas souhaité s’exprimer sur la question mais a débloqué des fonds pour des opérations promotionnelles semaine 28. Enfin, le député Jean-Michel Ferrand, qui s’est souvent targué d’être le père du coeff, est aux abonnés absents depuis la signature du ministre de l’Agriculture…

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