Aller au contenu principal

Marché mondial - Fruit Logistica - Amérique du Sud
Le Brésil, un conquérant à la monnaie fragile

Reconnu pour ses fruits exotiques, le Brésil poursuit son expansion en particulier en melons dont les tonnages sont en forte augmentation depuis près de dix ans. Malgré un marché local florissant, le pays de Lula tente de conquérir le monde.

Avec plus de 43 Mt de production de fruits à l’année, le Brésil fait partie des grands leaders sur le marché international des fruits. L’année 2008 avait enregistré un volume à l’export dépassant les 888 000 t de fruits frais, tel ne serait pas le cas en 2009. « La situation des exportations de fruits du Brésil est catastrophique. Elles ont chuté de 40 % par rapport à 2008, en raison principalement du taux du Real, deux fois plus cher qu’il ne vaut réellement. […] Les exportateurs de fruits qui n’ont pas d’engagement financier en devises étrangères ont tout simplement suspendu leurs exportations. Les autres exportent en creusant leurs pertes pour éviter d’être déclarés insolvables », résumait Jean-Paul Gayet, le directeur de l’Institut des fruits brésiliens, Ibraf, début 2010.
Pour autant, le Brésil est l’un des trois plus importants producteurs de fruits à l’échelle mondiale annonçait l’Ibraf lors de la première édition du salon Fruit & Log à São Paulo. Quelques mois plus tard, le marché à l’export s’avère plus que difficile, même si la France offre des niches qualitatives intéressantes pour les producteurs et exportateurs brésiliens. « C’est le cas notamment des mangues par avion », précise-t-il. Plus spécifiquement certains distributeurs français tentent de se frayer une place en faisant de l’import direct. « Carrefour et Casino essaient depuis deux ans de s’implanter à l’export en achetant via “tradings” des lots de fruits qu’ils peuvent exporter à leur guise. » Mais ce mode d’achat ne serait pas très encourageant. « On s’attend à une diminution de leurs efforts même si ces deux enseignes parient à perte pour prendre une place sur un marché dont ils étaient absents », ajoute Jean-Paul Gayet.

Retour des fruits sur le marché intérieur
Aussi nombre de producteurs se sont tournés vers le marché intérieur plus rémunérateur et surtout présentant moins de complications que l’exportation. Quant aux relations avec la grande distribution, le PDG de Grupo JD, Arnaldo Eijsink, explique : « Nous avons déjà un historique avec Carrefour. Les plantations de Grupo JD leur appartenaient jusqu’en 2007 depuis vingt ans. Et nous avions déjà développé des filières qualité Carrefour. Depuis deux ans, nous avons renforcé nos contacts avec Casino pour la France mais aussi ses magasins en Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Uruguay et Venezuela). C’est le cas notamment avec Pao de Azucar (la filiale brésilienne de Casino - N.D.L.R.) qui est l’un de nos plus grands clients. » Le marché national progresse chaque année un peu plus pour l’ensemble des productions brésiliennes. Et les enseignes telles Pao de Azucar ont pris le parti de largement promouvoir la diversité et la praticité des f&l à l’image des différentes offres de IVe gamme proposés en réfrigéré (cf. photos ci-dessous).
D’un point de vue géographique, le Sud est spécialisé dans les vergers de pommes, totalisant les plus gros volumes de production, tandis que la région du Sud-Est près de São Paulo regroupe la majorité des vergers d’agrumes. Le Nord-Est, c’est la région en développement depuis trente ans. Les fruits y sont cultivés en maîtrisant l’utilisation de l’eau pour le raisin, la mangue et le melon, au fort potentiel à l’export. De San Francisco Valley, les cultures fruitières se sont aussi développées vers la région de Rio Grande do Norte, une zone encore plus proche des ports de départs des exportations (cf. encadré). Dans le Centre, la production est plus faible et limitée à l’ananas et la pastèque. Dans le Nord, de nouveaux fruits ont été découverts et mis sur le devant de la scène et les exportations sont en plein boom pour l’açaï et l’acerola. « Pour l’açaï l’export a progressé de 2 500 t en 2005 à 12 100 t en 2008. » Depuis dix ans, le melon, représente l’une des plus importantes productions à l’export. Sa culture s’est développée dans le milieu des années 80 dans San Francisco Valley pour migrer par la suite vers la région de Rio Grande do Norte. Reste que le marché le plus important pour les producteurs de fruits du Brésil c’est le secteur du transformé, davantage rémunérateur pour les producteurs. « Le Brésil est leader dans la production de jus d’oranges. Le produit en développement, c’est la pulpe de fruit de la passion. La demande sur le marché intérieur est tellement forte que nous en importons de plus en plus. Après avoir exporté durant les quinze dernières années, nous sommes devenus de grands importateurs », ajoute-t-il.
Le Brésil possède donc un potentiel en particulier sur le marché intérieur et à l’export malgré une concurrence forte. En pomme, le pays doit batailler ferme contre l’Argentine et le Chili, en raisin contre le Chili, pour la mangue contre le Mexique, la Côte d’Ivoire, les Philippines et l’Equateur. En papaye, c’est face à l’Equateur, Taïwan et le Ghana. En melon, c’est le Costa-Rica.

Les plus lus

<em class="placeholder"> Stéphane Allix, responsable du magasin Le Village des producteurs à Aubenas et Patrice Raoux, producteur d&#039;asperges en Ardèche.</em>
En Ardèche : « L’éplucheuse à asperge fait gagner un poste et demi »

Si vendre des asperges épluchées est un standard en Allemagne, cette offre est encore peu développée en France. Pour dynamiser…

<em class="placeholder">Le producteur de fraise et asperge, Thomas Mathio, sur son exploitation.</em>
Dans les Landes : « L’éplucheuse à asperge nous permet de valoriser les petits calibres »

Témoignage de Thomas Mathio, producteur d’asperges sur 25 hectares à Tosse dans les Landes. Il propose à ses clients le…

<em class="placeholder">Arnaud Bergougnoux, responsable technique du Verger de la Blottière.</em>
Maine-et-Loire : "En poire, nous avons réussi à limiter l'alternance"

À La Blottière, entreprise arboricole basée dans le Maine-et-Loire, le renouveau de la poire passe par des choix variétaux et…

<em class="placeholder">Marc Fauriel, producteur de poires bio à Loriol sur Drôme devant un verger de la variété Conférence, âgé de quinze ans.</em>
Drôme : « Aujourd’hui, en poire bio, nous manquons de stratégies de lutte »
À Loriol-sur-Drôme, le Gaec Fauriel Frères cultive 12 hectares de poiriers en agriculture biologique. Mais les obstacles…
<em class="placeholder">Dirigeants de la Sica Saint</em>
Légumes en Bretagne : la Sica Saint-Pol de Léon toujours en crise

Déjà très affectée en 2025, la Sica Saint-Pol de Léon a encore vu son chiffre d’affaires baisser de 22 % depuis novembre…

<em class="placeholder">Carte d&#039;anomalie : écart à la normale. Moyenne des températures moyennes en °C en France métropolitaine pour le début de l&#039;année 2026</em>
Arboriculture : la floraison menacée par le gel suite aux chaleurs du début d’année

Depuis début 2026, l’écart des températures à la moyenne dépasse les 2 °C dans plusieurs régions du nord de la France. Ce…

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026​
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes