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Consommation responsable
L’appli myLabel repense l’équilibre consommateurs-entreprises-ONG

myLabel propose aux consommateurs d’identifier les produits alimentaires responsables selon la valeur qu’ils accordent personnellement à chaque critère de santé, environnemental et social. Elle a été lancée le 2 avril. Pour l'occasion, le cofondateur Christophe Hurbin livre à FLD ses réflexions sur la filière fruits et légumes et l'énorme travail de traçabilité qu'elle est en train de mener.

Trois des quatre fondateurs de myLabel : Loïc Tanant (directeur développement et communication), Christophe Hurbin (président), et Tarik Tiré (directeur de la technologie).
© myLabel

A l’image de nombreuses autres applications citoyennes, myLabel, qui a été lancé en ce début de mois, propose aux consommateurs d’analyser les produits alimentaires qu’ils achètent via le scan des codes-barres. Mais de nombreux aspects la diffère de ses concurrentes. Premièrement, myLabel, comme son nom l’indique, propose une approche multicritères : l’utilisateur choisit quels sont les valeurs les plus importantes pour lui sur les trois domaines santé, environnement et social (des pesticides à la rémunération des producteurs en passant par le bien-être animal, etc.). 500 000 produits sont déjà référencés, pour le moment uniquement alimentaires, mais les cosmétiques, produits d’entretien et de jardinage sont envisagés. Ensuite, des alternatives au produit sont toujours proposées au consommateur. Enfin, un plugin e-commerce permet de faire ses courses en ligne (déjà compatible avec Carrefour, Houra, Monoprix et très bientôt E. Leclerc).

 

Les ONG, sources fiables selon les consommateurs

Christophe Hurbin, cofondateur, et qui a travaillé 25 ans dans l’ingénierie et l’industrie, explique : « myLabel est issu de deux-trois ans de travail suite au constat que les consommateurs veulent acheter des produits durables(1) mais ne savent pas les identifier, et ne font pas confiance aux marques. Nous voulons permettre aux consommateurs d’influer sur les entreprises en s’appuyant sur les associations. » Deux sources d’informations permettent de noter les produits selon les critères de chaque consommateur : des informations factuelles, issues de la lecture de l’étiquetage (informations venant de Open Food Facts mais aussi, volonté de myLabel à moyen terme, des fiches produits des fabricants), et l’information produite par les ONG et institutions, déjà publiée sous le nom de ces organismes. Ce réseau de tiers de “confiance” est constitué de l’Institut national de la Consommation (60 Millions de consommateurs), FAIR[e], Bio Consom’acteurs, Equileap, Open Food Facts, Greenpeace, CIWF, additifs-alimentaires.net, et d’autres en préparation. « L’important est que ce réseau de sources, donc leurs informations, paraisse légitime aux yeux des consommateurs. Notre approche paraît ainsi équilibrée pour les professionnels industriels et distributeurs à qui nous avons parlé. »

L’application est gratuite pour les consommateurs et les associations ; myLabel ayant le statut d’Entreprise sociale et solidaire, elle ne fait pas de publicités et de vend pas les données personnelles. Pour se financer, elle propose une offre Pro aux entreprises pour les aider à faire évoluer leur offre de produits responsables, avec une information agrégée anonyme sur les attentes des consommateurs et comment ils font évoluer leurs choix.

 

Quid des fruits et légumes en vrac?

Mais cette appli a aussi des freins, le premier étant la nécessité d’un code-barres, sous quelque forme que ce soit. Dommage pour les fruits et légumes en vrac ! « Effectivement, pour le moment l’application ne peut fonctionner sur les f&l en vrac, regrette Christophe Hurbin. Mais ce que j’observe, c’est un énorme travail fait par la filière fruits et légumes, notamment avec GS1 France, pour avoir une traçabilité (logistique, de lots, etc.) qui va encore plus loin. Ce qui est en train de se matérialiser, je pense, est un code-barres/flashcode/étiquette électronique directement sur le lieu d’achat, en rayon ou sur la cagette. Ce qui permettra de stocker et de diffuser tout type d’information, de la labellisation de la filière à l’origine et tout autre information vérifiée et auditée - des associations sont d’ailleurs prêtes à travailler sur les filières d’approvisionnement des enseignes, par exemple la filière banane de Lidl. Ça sera exigent pour les producteurs mais selon moi ça va dans le bon sens de la transparence et de la traçabilité. »

 

myLabel a été fondé par Christophe Hurbin, Tarik Tiré, Loïc Tanant et Frank Leprou. L’équipe opérationnelle se compose de Christophe Hurbin (président), Tarik Tiré (directeur de la technologie), Loïc Tanant (directeur développement et communication) et Marie Tilly-Chansard (community manager stagiaire) ; Frank Leprou intervient en tant que conseiller.

 

 

(1) : 80 % des consommateurs recherchent des produits plus respectueux de l’environnement. 73 % n’ont plus confiance dans les entreprises (manque de transparence, et forte attente pour des marques engagées). 50% n’arrivent pas à identifier les produits durables (information peu claire ou manque de preuve). Sources : sondage Eurobarometer FL 367 2013, Greenflex 2017.

 

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