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Medfel - La tomate à l’honneur
L’analyse du cycle de vie décryptée pour les tomates

A l’heure où les enseignes expérimentent l’étiquetage environnemental, l’ACV est un moyen de mesurer l’impact environnemental des produits.

L’analyse du cycle de vie (ACV) n’est pas facile à mettre en œuvre pour les f&l, les références nécessaires à son élaboration étant peu nombreuses. Distinguer l’empreinte carbone d’un yaourt et d’une tomate est possible, mais ce n’était pas encore le cas entre différentes tomates. Des instituts comme l’Inra ont réalisé des travaux, notamment avec des tomates produites sous abris. Neuf scénarios ont été étudiés par l’unité mixte de recherche regroupant l’Université de Strasbourg, l’Inra de Sophia-Antipolis et la station de recherche suisse Agroscope Reckenholz-Tänikon (ART) basé sur différents modes de production : serre verre, sous tunnel, simple ou en double paroi gonflable avec une distribution en grappe ou en vrac. De nombreux intervenants ont été mis à contribution : fabricants de serres, chambres d’Agriculture, FranceAgriMer pour les statistiques, Ademe, CTIFL ou Astredhor pour des enquêtes sur l’énergie.

Des résultats sans appel
La production est responsable à 90 % de l’impact global face aux effets que peuvent avoir les déchets et l’infrastructure définie essentiellement par le matériel. En système chauffé, les conséquences sont 4 à 5 fois plus importantes. Le chauffage explique l’essentiel des impacts d’une production de tomates sur l’environnement. Il utilise de l’énergie non renouvelable, intervient dans le changement climatique, dans le smog photochimique (mélange toxique de polluants atmosphérique), acidifie l’air, contribue à détruire la couche d’ozone, participe à l’écotoxicité terrestre, aquatique et humaine en dégageant des substances toxiques. Dans l’exemple d’une serre plastique, seule l’eutrophisation (c’est-à-dire la prolifération d’algues et d’espèces aquatiques par des substances nutritives) a une incidence supérieure au chauffage parce que les eaux de drainage sont rarement recyclées. Elles en représentent 60 à 67 % des impacts. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la situation géographique, région Nord-Ouest pour l’une et Sud-Est pour l’autre, n’influence guère les résultats en matière de chauffage. Les différences ne sont pas significatives. Certes, le Nord-Ouest consomme plus d’énergie fossile mais la productivité y est plus élevée. Toutefois, le recyclage de palettes pour un chauffage au bois, comme il en existe désormais en France dans quelques exploitations, n’a pas été pris en compte.

Le faible impact des pesticides
Hormis l’utilisation d’énergies fossiles, la distinction importante entre les divers types de production reste l’emploi des pesticides. Leur toxicité est quasiment nulle pour le milieu aquatique en serre verre. Elle est de l’ordre de 0,36 % pour le milieu terrestre et de 0,22 % pour la santé humaine en sachant que l’approche est régionale et ne prend pas en compte spécifiquement les salariés des exploitations. En revanche, l’impact des pesticides est sensible en tunnel avec 11,5 % pour le milieu terrestre et 1,56 % pour la santé humaine. Pour mieux mesurer l’impact sur les salariés travaillant dans les exploitations, une étude coordonnée par la station de recherche suisse allemande ART a défini l’an passé les risques des produits phytos pour les salariés (non seulement les épandeurs mais aussi ce qu’on appelle les ré-entrants), c’est-à-dire le personnel travaillant dans les serres ou les tunnels. Les trois scénarios étudiés se différencient par la protection ou non des ré-entrants et le temps de rentrée du personnel dans les serres après le traitement. Malgré les limites de travaux assez théoriques et en raison des références définies comme le niveau d’acceptabilité de l’opérateur, le résultat est sans appel. La protection s’avère utile et diminue le risque quelle que soit la tâche à accomplir dans les serres.
Parmi les substances actives étudiées, plusieurs d’entre elles ont un indice supérieur à 1, c’est-à-dire qui présente un risque avéré pour les utilisateurs. C’est le cas de huit molécules sur les 21 testées. Certaines de ces molécules ont un impact plus spécifique pour les ré-entrants et d’autres sur les épandeurs. Six ont ainsi un indice supérieur à 1 en ce qui concerne l’épandage et sept pour le travail en serre avec les ré-entrants (1).

(1) Sulfate de cuivre, propamocarbe, cyromazine, bupirimate, méthomyl (non autorisé en France), pymetrozin et chlorothalonil (spécifiquement pour les ré-entrants) et pyrimethanil (spécifiquement pour les épandeurs).

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