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MARAÎCHAGE
L’alternative Pathosol

Les producteurs de légumes des Pays de la Loire recherchent des itinéraires culturaux plus durables contre les pathogènes du sol : engrais verts, solarisation, biostimulants...

En Pays de la Loire, l’intensification des cultures et la réduction des solutions phytosanitaires amènent les producteurs de légumes à rechercher des itinéraires culturaux plus durables permettant de limiter la pression des bio-agresseurs telluriques et de préserver la productivité des sols. Un programme d’expérimentation, Pathosol, a été mis en place dans le cadre de l’Arelpal(1) sur l’introduction d’engrais verts dans les rotations, la solarisation et l’apport de biostimulants.

Une désintensification des cultures

Un essai a été mené pendant deux ans sur l’introduction d’un engrais vert estival à base de graminées et sur son impact sur les cultures de mâche et radis. Peu d’évolutions ont été constatées sur les propriétés physico-chimiques des sols. « Les méthodes utilisées étaient peut-être peu adaptées aux sols sableux, note William Parmé, du CDDM(2). Toutefois, les producteurs sentent que les sols sont plus faciles à travailler après l’introduction d’un engrais vert ». Les tests n’ont pas non plus montré d’impact significatif sur les propriétés biologiques des sols. En plein champ, l’engrais vert n’a pas eu d’impact sur les bio-agresseurs observés et un problème de gastéropodes a été relevé. Mais sous abri, une réduction de certains pathogènes a été constatée, notamment les Pythium et Rhizoctonia, mais pas les Fusarium. Enfin, les engrais verts ont exercé une très forte concurrence vis-à-vis des adventices, sans effet significatif toutefois sur l’enherbement des cultures. « L’enherbement est lié à l’historique de la parcelle et au type et à la richesse du sol, précise William Parmé. Un effet des engrais verts sur le long terme est toutefois probable ». Au final, l’impact des engrais verts dans les rotations est donc variable. « Le laps de temps de l’étude a probablement été insuffisant pour percevoir les éventuels impacts des pratiques, estime William Parmé. L’introduction d’engrais verts permet tout au moins une production de biomasse importante et une désintensification des cultures. Ces cinq dernières années, les surfaces d’engrais verts dans le maraîchage nantais sont passées de zéro à près de 300 hectares ».

Favoriser la vie du sol

La solarisation est une autre solution (cf encadré). D’autres essais ont porté sur l’effet de biostimulants sur une culture d’aubergine sous abri. L’objectif était de voir s’il était possible de stimuler les micro-organismes du sol pour lutter contre Verticillium dalhiae, responsable de dépérissements en culture. Trois biostimulants ont été testés trois années de suite sur des plants greffés et des plants francs : Vertal (au sol et en pulvérisation foliaire), Kanne (au sol et en pulvérisation foliaire) et Bactériosol (au sol). Un gain de rendement a été constaté, notamment sur les plants francs. Les plantes ont en revanche exprimé autant la verticilliose que dans le témoin. Les analyses ont aussi montré que l’apport cumulé de biostimulants modifie les équilibres de certaines communautés de nématodes non phytophages (indicateur de vie du sol). « L’apport de biostimulants favorise la vie du sol et l’activité des plantes, surtout si celles-ci sont soumises à des stress, résume Laurent Giardino, du Groupement de développement des maraîchers (GDM). Ils n’ont par contre pas d’intérêt contre la verticilliose ».

(1) Association régionale d’expérimentation légumière des Pays de la Loire

(2) Comité départemental de développement maraîcher

(3) Comité départemental de développement

La solarisation, une solution efficace

En Maine-et-Loire, des essais de solarisation ont été menés sous abri en 2014 et 2015, avec des durées de 200, 300 et 400 heures à 40-50°C. En 2014, il n’y a pas eu de différences de mortalité de plants de scarole, liée au sclerotinia, ni de différence d’enherbement entre les parcelles solarisées et la parcelle désinfectée. En 2015, avec des durées de 150 h, 250 h et 300 h de solarisation, il y a eu moins de plants touchés par le sclerotinia dans les parcelles solarisées que dans la parcelle désinfectée. « Dès 150 h de solarisation, il y a un effet intéressant de la solarisation sous abri », souligne Maëlle Krzyzanowski, du CDDL(3). En plein champ, trois types de bâchage ont été testés : du PE 35 ↔m à plat, du PE 35 ↔m à plat avec chenilles et de l’Isobulle (isolant des serres horticoles). Les bâches ont été posées en juin et retirées fin août. « Quelles que soient la modalité et l’année, l’effet sur l’enherbement est très net. Un effet sur les tâches orangées a aussi été constaté. La solarisation est donc une solution intéressante et qui se développe sous abri, notamment en cas de problème d’enherbement. Elle est également efficace en plein champ sur les adventices. Son efficacité nécessite de bien soigner la pose de la bâche, sur un sol frais, sans bulle d’air. Et elle doit pouvoir s’intégrer dans la rotation ».

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