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L’agriculture raisonnée s’invite dans les esprits mais peu dans les fermes

Si l’agriculture raisonnée intéresse le monde politique, le nombre d’exploitations qualifiées reste faible.

Comme chaque année, Farre organisait la semaine dernière un colloque dans les salons du Sénat afin de faire le bilan des actions engagées en faveur de l’agriculture raisonnée. Pour coller au mieux à l’actualité, Farre avait envoyé, mi-décembre, un questionnaire à 44 candidats à la présidentielle portant sur leur position sur l’agriculture raisonnée, leur souhait et leur engagement sur le dossier agricole et son impact sur l’environnement. Dans l’ensemble, les 39 candidats ayant répondu à Farre, soulignent leur plein attachement à soutenir une agriculture respectueuse de l’environnement. A noter, la réaction de Dominique Voynet, la candidate des verts qui reste sceptique quant à la multiplication des labels et qualifications : “Dans le cas de l’agriculture raisonnée, les prescriptions sont de simples rappels de la réglementation en vigueur. Je ne suis pas certaine que cela apporte quoi que ce soit au consommateur, sinon un peu de confusion.” En parallèle, le Forum Farre avait appelé à la tribune plusieurs personnalités pour discuter de la place de l’agriculture raisonnée à l’avenir. Pour lancer le débat, le sociologue Jean Viard, soulignait que, “l’agriculture a toujours été un sujet fortement ancré en politique et l’agriculture raisonnée est un moment de cette réflexion. La société a besoin de prendre conscience de l’avenir et de reconstruire ses identités notamment dans le cadre de la relation entre paysans et environnement.”

De son côté, Philippe Vasseur, le président de l’Aficar, l’agence de promotion de l’agriculture auprès du grand public, ancien ministre de l’Agriculture sous Juppé, soulignait que “le rôle de l’agriculture raisonnée est un rôle parmi d’autres. Aujourd’hui on oppose des techniques agricoles. Notre objectif, à l’Aficar, est d’essayer de sortir de cette mini-guerre. Nous devons considérer que toutes les réponses vont dans le bon sens. Il existe aujourd’hui un divorce entre la société et le monde agricole, véritable dichotomie entre “pourriculteurs” et l’image d’Epinal que l’opinion conserve du monde paysan. Quant à la réalité et l’utilité du monde agricole, elles sont complètement ignorées. Quant à la place de l’agriculture raisonnée dans tout cela ? Il ne faut pas faire la fine bouche devant les efforts de Farre. Il existe plusieurs façons de produire. Le bio et l’agriculture raisonnée se livrent une guerre picrocholine, davantage créée par le monde extérieur à la profession agricole. A nous d’en sortir.”

Ne pas négliger le travail réalisé par le Forum Farre

En parallèle, le représentant de la DG Agri à Bruxelles, Tomas Garcia Azcaraté soulignait l’importance du travail réalisé par Farre : “Quand nous avons conçu le texte de réforme en 2003, nous nous étions penchés sur les différentes propositions et celle de l’agriculture raisonnée en faisait partie. Et nous avons été très agréablement surpris à Bruxelles de constater que la France prenait en compte dans la démarche d’éco-conditionnalité le fait que les exploitations qualifiées agriculture raisonnée avaient déjà les prédispositions à l’écoconditionnalité. C’est donc un message de continuité que je souhaite faire passer aujourd’hui à Farre. La France est aujourd’hui en retard sur le dossier agricole. Sur l’après 2013, votre pays doit anticiper le débat. A partir du moment où le soutien à l’agriculture est légitimé par la démarche de qualité et de protection de l’environnement, il n’y a aucune raison à ce que l’agriculture raisonnée n’en fasse pas partie. En revanche, le débat doit maintenant se tourner vers la régionalisation des soutiens et le monde agricole européen dans son ensemble a besoin d’une France active dans ce dossier.”

Après ces multiples messages de soutien, reste maintenant aux agriculteurs engagés dans l’agriculture raisonnée à poursuivre leurs efforts et notamment à convaincre le plus grand nombre. En effet, le nombre d’exploitations qualifiées reste faible. Avec 2016 qualifications à fin décembre 2006, Farre est loin des 30 % à fin 2008, évoquées par le ministère de l’Agriculture au moment de la création de la certification et de la Commission nationale de l’agriculture raisonnée.

Rédaction Réussir

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