La pistache sort de sa coquille

- - 2 min
« Une irrigation maîtrisée et le suivi de la fertilisation du pistachier sont importants, sinon il aura tendance à produire une année sur deux», remarque Fadhel Zribi, agronome. Crédits : © C.Poulain

La pistache attire les foules. De nombreux professionnels sont venus à la matinée technique sur la pistache, avides d’en savoir davantage sur l’opportunité de diversification que représente cette culture. Georgia Lambertin, exploitante, a présenté son expérience. « J’ai des porte-greffes de pistachier térébinthe qui poussent naturellement dans mes vignes ! Me lancer dans un essai de culture de pistachier m’est apparu comme une revanche sur la vie : enfin une culture valorisable sur mes terres très pauvres, où les grappes de raisins sont toutes petites ! Pour l’instant, j’en suis au stade expérimental. J’ai beaucoup voyagé, à la rencontre de nombreux techniciens experts. Aujourd’hui, je pense que c’est jouable dans nos conditions provençales, d’autant plus dans ce contexte de changement climatique. Nous pourrions développer une production de niche, à forte valeur ajoutée. »

Une culture originaire d’Asie centrale

Puis, Fadhel Zribi, agronome et P.-D.G. de la société Food Quality, a apporté son expertise sur la culture du pistachier en Tunisie. Dans ce pays, son développement y est exponentiel. « Il est passé de 30 hectares, en 1970, à 31 000 hectares, en 2016 », notait le Tunisien. Patrick Brico, ingénieur expert finances pour l’association « Pistache de Provence », a présenté une étude économique sur la culture de pistachiers en Provence. Ses calculs indiquent un retour sur investissement six à sept ans après plantation. « L’objectif est de développer un marché de niche, pas de concurrencer d’autres productions ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

diversification
Suivi
Suivre

Des débouchés locaux

Pour Olivier Baussan, président de l’association « Pistache de Provence », également président du Roy René, les débouchés existent : en confiserie, pour la fabrication de nougat noir, de crème de pistache, pour l’élaboration de glace et de chocolats… « Nous avons besoin de cinq tonnes de pistaches décortiquées pour nos confiseries et glaces. Actuellement, nous les achetons aux Etats-Unis, autour de 18 à 20 euros le kilo. Comme avec l’amande, la pistache « Made in Provence » serait une plus-value pour nous, industriels, et vous, agriculteurs », annonce-t-il. « La pistache a toute sa place en Provence. Elle pourrait suivre le même chemin que l’amande », observe à son tour André Pinatel, en charge du plan de relance de l’amande.

Cécile Poulain

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires