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Antilles
La Guadeloupe retrouve ses bananes

La banane guadeloupéenne est de retour dans les rayons. Les producteurs ont profité de Maria pour replanter en approfondissant leurs pratiques vertueuses.

A Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, mi-avril.
© Julia Commandeur

Sept mois après le passage de Maria, la production de bananes reprend doucement en Guadeloupe. L’ouragan de catégorie 5 des 17 et 18 septembre avait détruit 100 % des bananeraies en Guadeloupe et 70 % en Martinique. Si la banane martiniquaise a continué de se vendre en petites quantités, celle de Guadeloupe avait complètement disparu. « Début avril, on a enfin redémarré la production, se réjouit Francis Lignières, président du LPG (groupement des producteurs de Guadeloupe). Ici on est restés plus de six mois sans exporter, du jamais vu ! Aujourd’hui, nos méthodes culturales durables et les marchés font qu’on redémarre progressivement. On devrait retrouver un cours normal d’ici trois ans. »

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Francis Lignières, président du LPG : "Nous sommes restés six mois sans exporter, du jamais-vu!"

 

En 2018, la récolte devrait représenter seulement un tiers des 77 000 t habituelles. Maria a tout détruit, 60 % des pieds ont été arrachés, 40 % ont été couchés. Les pieds couchés ont été coupés, et les rejets qui en résultent donnent les bananes que l’on va consommer ce printemps. En cas de bananiers arrachés, il faut assainir les sols avant de replanter, ce qui prend un à deux ans. Selon le LPG, le manque de production en Guadeloupe est de 62 711 t, soit un manque à gagner de 37,6 M€ (prix moyen de vente de la banane sur le marché : 600 €/t selon le groupement). Mais les pertes sont, elles, estimées à 26 M€ (13,14 M€ de pertes de fonds et 12,86 M€ de perte de récolte*), bien loin de ces 37,6 M€. Et les producteurs ne sont pas assurées pour les pertes de production. « A ce jour [mi-avril, NDLR], on n’a rien obtenu du gouvernement. Heureusement qu’on ne l’a pas attendu pour relancer la production », regrette Francis Lignières. Les dossiers sont en cours de traitement, selon la Daaf de Guadeloupe. « La Région a apporté 1 M€ sous forme d’intrants. » La filière a aussi bénéficié d’aides au chômage technique et au financement de formation pour les salariés pour les six derniers mois. Et les aides Posei ont été maintenues. « Sauf que les aides Posei, 30,1 M€ pour la Guadeloupe, nous servent à payer les salaires, qui nous coûtent 32 M€ par an. Produire sans les aides européennes, c’est impossible. »

 

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A gauche, une parcelle dont les pieds ont été arrachés par Maria. A droite, les pieds ont été pliés et les rejets ont repoussés.

 

Malgré Maria, la Guadeloupe ne désespère pas de voir son contingent Posei de 77 877 t être augmenté à 100 000 t. « Il y a une demande en métropole, à nous de montrer qu’on peut produire et vendre ce volume. »

 

 

*Les pertes de récolte suivant le barème indemnisable sont de 13,14 M€. Les pertes de récolte sont estimées à 12,86 M€ (62 711 t x 205 €/t, les 205 €/t représentant la valeur de la perte de récolte). Source : LPG

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