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Protection des végétaux
La filière se penche sur la réforme des labos

Le ministère de l’Agriculture n’a plus les moyens de financer l’ensemble des laboratoires français de la protection des végétaux. C’est pourquoi Joël Mathurin, sous-directeur de la Protection des Végétaux, vient d’entamer leur réorganisation en engageant la privatisation de certains d’entre eux, provoquant une certaine inquiétude parmi le personnel.

Pour le ministère, cette réorganisation est menée pour “de simples raisons d’efficacité et d’économie, et permet de mieux responsabiliser les professionnels”. Le réseau national devrait s’appuyer sur quatre laboratoires nationaux : Angers (bactériologie et virologie), Nancy (pathologie et mycologie), Montpellier (insectes et nématodes) et Clermont-Ferrand (fruitiers et maladies de quarantaine). Le reste du réseau deviendrait des “laboratoires de routine” que l’Etat accréditera en fonction du décret du 4 janvier 2006 Décret n° 2006-7 paru au Journal Officiel du 5 janvier 2006.. Les laboratoires nationaux seront chargés de la mise au point des méthodes d’analyses et de la validation des analyses des laboratoires régionaux qui effectueront “les analyses courantes”.

“On confiera la surveillance du territoire aux professionnels des filières”, note cet agent qui fait part de l’alternative proposée par le ministère : “soit vous privatisez, soit vous fermez !” Et Colmar et Avignon devraient fermer.

Du côté de l’interprofession pommes de terre, on se montre confiant sur la réforme, à condition que l’on fasse “preuve d’indépendance et de cohérence dans les décisions”. Jean-Luc Gosselin, directeur du CNIPT, n’a aucun a priori sur le futur schéma : « Rien ne dit que ce qui se dessine demain ne soit pas plus favorable que ce que nous avons connu hier ! ».

Pourtant certains s’interrogent sur la pérennité des liens tissés entre Angers et l’Inra de Rennes. La filière “Plants” a financé des recherche à Rennes, notamment sur les maladies de quarantaine, mais n’a pas obtenu le maintien du système actuel. Le comité Nord et Bretagne Plants auraient obtenu leur accréditation de l’Etat pour certaines analyses…

La réforme est en marche

La réforme concerne une dizaine de sites nationaux ainsi qu’une dizaine de sites régionaux, dont celui de Loos-en-Gohelle, très spécialisé en pommes de terre. C’est la raison pour laquelle les producteurs de Nord-Picardie se montrent attentifs à cette réforme. Ils ne voudraient pas perdre un outil, gage absolu d’indépendance dans les nombreuses analyses nécessitées par toutes les transactions commerciales.

Le laboratoire de Loos-en-Gohelle – en sursis en 2007 – ne devrait pas craindre une fermeture. Alain Vernede, directeur régional de l’agriculture du Nord-Pas-de-Calais, veut tout faire pour le sauver. Il a l’appui de la profession agricole : la filière pommes de terre, celle des producteurs de légumes de conserve ainsi que celui d’Arvalis. Un comité de pilotage s’est réuni le 11 octobre pour évoquer les missions du futur labo.

Un comité scientifique, constitué entre l’Etat, la Région et les professions, se réunira au printemps 2007. Il faudra que les filières s’engagent à garantir des analyses et s’impliquent financièrement dans le fonctionnement de ce labo. Le CNIPT, Arvalis, Unilet, le Pôle Légumes, voire des entreprises privées, devront sûrement mettre la main au porte-monnaie.

Le CNIPT est prêt à s’investir à condition que le ministère n’accrédite pas un autre labo régional. De tout cela, dépend la survie de Loos-en-Gohelle pour l’après 2008.

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