Tour d’horizon
La filière met en place une AOP unique
La création de l’Association des producteurs d’endives de France a été un long parcours du combattant.


La filière endive reste une exception culturelle dans le paysage f&l français. Les mois qui viennent de s’écouler en portent témoignage. Il aura fallu toute la force de conviction et de persuasion de Philippe Bauwin, président de l’ex-Celfnord et vice-président d’Interfel, pour éviter une nouvelle scission entre OP du Nord-Picardie. Au bout d’une ultime médiation et avec l’appui du cabinet du ministre de l’Agriculture, il obtiendra le feu vert de l’ensemble des onze organisations de producteurs pour la création de “l’Association des producteurs d’endives de France” (APEF), nouvelle AOP nationale. En Bretagne, les choses se sont passées différemment. « Le Cerafel a évolué dans une AOP territoriale multiproduits qui inclut les OP endives de la Sica de Saint Pol de Léon », constate le directeur de l’ex-Celfnord.
L’organisation économique des fruits et légumes doit donc évoluer sous la pression de l’Union européenne, mais aussi avec l’aide convaincue du ministère de l’Agriculture qui ne peut que déplorer la désorganisation chronique d’une filière f&l constituée de plus de 300 OP ! L’endive ne fut pas à l’abri d’une telle désorganisation. Depuis la disparition des cadrans, la filière a dû affronter de multiples crises au cœur même de son principal bassin de production. La mauvaise tenue des cours amplifiait le phénomène. Installées sur le terrain depuis plus de quarante ans « sans avoir la volonté affirmée de vouloir se remettre en cause » selon ses détracteurs, les principales structures (le Celfnord, la Section nationale “endive” et la Fédération nationale des producteurs d’endives-FNPE) ont décidé d’adapter leur organisation. L’initiative en revient aux responsables de l’ex-Celfnord. La grande majorité des équipes devraient ainsi se retrouver dans “la maison de l’endive” durant le premier semestre 2009 L’ex-Celfnord et Perle du Nord devraient se retrouver dans les locaux de la Fédération nationale des producteurs d’endives situés à quelques kilomètres d’Arras, près du lycée agricole de Tilloy-les-Mofflaines (Pas-de-Calais)..
Et après les études, rapports et audits divers, le principe est désormais acquis d’une séparation entre activité de recherche et activité syndicale. Recherche, technique et l’ensemble des dossiers économiques relèveront d’un seul directeur actuellement “en phase de recrutement”.
Créer des structures avec un projet commun
Joseph Hemar a fait valoir ses droits à la retraite à partir du 2 janvier 2009. En attendant, il a déployé une énergie à toute épreuve pour préparer l’avenir de la filière dans le cadre de cette nouvelle AOP nationale “Endive” qui prend désormais le relais du Comité économique sur le terrain.
Mais rien ne dit que les choses iront mieux demain. Il ne suffit pas de créer des structures, de les réunir dans un lieu unique pour faire avancer les hommes. Il faut avant tout qu’ils en aient la volonté et un projet. « Ce n’est pas en changeant les structures que se règlent les problèmes d’une profession », expliquait Philippe Bauwin lors de la dernière Assemblée générale du Celfnord.
Au vu du déroulé de ces derniers mois, on se montre donc un peu perplexe. Bien sûr, les onze organisations de producteurs se sont regroupées dans une seule et même AOP nationale pour gérer ensemble l’extension des règles, la recherche-développement et la promotion de crise, mais certaines d’entre elles ont voulu aller un peu plus loin. C’est ainsi que Primacoop, le Marché de Phalempin, la Sicacap, la Sipema et les Endives du Valois se sont regroupés au sein de cette AOP pour “faire de la gestion de marché”. Comment vont-elles travailler entre elles ?
Des choses avancent dans cette filière. Lentement. Il reste néanmoins encore à prendre à bras-le-corps les questions de formation de prix, de concentration de l’offre, d’innovations et de développement de la consommation. En termes de dynamisation du produit, c’est essentiel !