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Méditerranée
La filière fruits et légumes gagnerait peu d’une libéralisation du marché

L’ouverture du marché européen aux fruits et légumes du pourtour méditerranéen n’apporterait qu’un faible avantage aux pays, sans modernisation des filières.

L’Académie d’Agriculture a consacré, la semaine dernière, une séance au problème agricole méditerranéen couvrant des sujets comme les échanges agricoles, l’agroalimentaire ou encore les territoires ruraux. Le premier point a permis de mettre en lumière les enjeux d’une libéralisation des échanges agricoles variables d’une rive à l’autre de la Méditerranée.

Florence Jacquet, directrice de recherches à l’Inra Grignon, a d’abord dressé le panorama des échanges entre pays du sud et de l’est de la Méditerranée (PSEM) et l’Union européenne. La situation montre une forte asymétrie : les PSEM exportent 51 % de leur production agricole (28 % de fruits, 13 % de légumes, 13 % de préparation) vers l’Europe qui ne représente que 33 % des importations de ces mêmes PSEM. Charlotte Emlinger, étudiante à l’Institut agronomique méditerranéen de Montpellier, a par la suite présenté sa thèse, révélatrice, sur les effets de la libéralisation des échanges sur les f & l. Certains pays bénéficient déjà d’accords préférentiels générant des droits payés qui, sans ces accords, seraient largement plus élevés. La différence entre les deux situations crée une marge préférentielle qui varie selon les pays. De plus, au-delà des systèmes mis en place par l’Union européenne à l’entrée de son marché, certaines barrières non tarifaires (coûts logistiques) impactent aussi, tout comme les capacités techniques des pays (disponibilité en eau et en terres agricoles) à augmenter leur production pour profiter d’un marché plus ouvert. Ainsi, Israël profiterait d’une libéralisation des échanges dans la zone : le pays bénéficie d’un faible nombre de préférences, limitées en quantités, et reste peu sensible aux barrières non tarifaires.

À l’inverse, le Maroc, ne serait-ce que par l’allocation d’un prix de déclenchement préférentiel sur les tomates, pourrait éroder sa marge préférentielle si une large libéralisation intervenait. Donc, le bilan reste mitigé et ne permettrait pas, en l’état, d’assurer le développement agricole des pays concernés.

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