Aller au contenu principal

« La Banane Française représente certes 5 % du marché français en volume mais beaucoup plus en valeur » : quel bilan après 10 ans ?

La Banane Française a déjà 10 ans et elle le clamait haut et fier sur son stand au Salon de l’Agriculture 2025. Une décennie après l’arrivée de cette innovation sur le marché de la banane, où en est-on ?

La Banane Française a déjà 10 ans et elle le clamait haut et fier sur son stand au Salon de l’Agriculture 2025. Cette segmentation premium de la banane de Guadeloupe et Martinique se caractérise par une vente de bananes enrubannées dans un ruban inviolable bleu-blanc-rouge, avec un prix fixe au nombre de doigts.

Partie de zéro, elle représente désormais 42 000 tonnes (+18 % sur un an en 2024) vendues dans les principales enseignes de la grande distribution (3 400 points de vente), soit 5 % du marché français de la banane. « La Banane Française correspond à une attente du consommateur et on n’a aucun souci à la vendre », rappelle d’ailleurs Pierre Monteux, directeur général de l’UGPBAN (Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique), qui souligne être plutôt freiné par le manque d’offre disponible.

Lire aussi : « La Banane Française, c’est 5 % de bananes qui ne sont pas dans la bagarre mortifère du prix de la grande distribution »

Lire aussi : Alerte sur le salon de l’Agriculture 2025 : « En 2025 beaucoup de planteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique parmi nous vont malheureusement disparaître. Je pèse mes mots »

 

Il y a 10 ans, une guerre des prix de la GMS et des bananes à moins de 0,75 € le kilo

« Le concept de la banane française a émergé dans nos têtes dans les années 2010-2014 avec l’objectif d’aller chercher de la diversification alors que la guerre des prix en grande distribution faisait rage, avec des bananes bradées parfois à 0,75 €/kg », se souvient Jean-Claude Marraud des Grottes, producteur, président de la commission Commerce à l’UGPBAN, et père du concept de La Banane Française

« Le ruban a été à l’époque une vraie innovation qui n’existait nulle part ailleurs. 10 ans après, une banane sur deux sur l’ensemble du marché est vendue enrubannée », revendique-t-il très fier. Les bananes bleu-blanc-rouge sont aussi vendues sur un support alvéolé (désormais en carton recyclé) pour un meilleur rangement des fruits. Résultat de cette double innovation : le taux de freinte (casse en rayon) avoué est passé de « 10 % à 2 % aujourd’hui ».

Le ruban a aussi permis de gagner sur le plastique par rapport aux sachets flowpack d’antan, avec une division par 15 de la surface de plastique et par 6 du poids du plastique, selon les chiffres de l’UGPBAN.

A Dunkerque, l’outil industriel fait travailler 200 personnes.

Le ruban a fait baisser le taux de casse en rayon et a permis de gagner sur le plastique

 

Visibilité pour les producteurs, marge assurée pour la grande distribution, praticité pour les consommateurs

La Banane Française bénéficie en outre d’une force de vente de 20 promoteurs qui réalisent 3 000 mises en avant par an en magasin et font toutes les remontées de terrain nécessaires. La marque bénéficie d’un prix fixé à l’année recommandé aux distributeurs, « qui est souvent suivi », avec un calendrier de promotions

« C’est un partenariat gagnant-gagnant, qui donne une visibilité aux producteurs mais aussi à la GMS qui a sa marge assurée. Et même triplement gagnant puisque le consommateur en rayon connaît immédiatement le prix de la main de banane qu’il achète et n’a pas besoin d’aller à la balance », souligne Jean-Claude Marraud des Grottes.

Ce prix fixé à l’avance assure en outre une vraie valorisation. « La Banane Française représente certes 5 % du marché français en volume mais beaucoup plus en valeur », estime Jean-Claude Marraud des Grottes.

En production, un système de cagnottage permet aux producteurs que ne produisent pas La Banane Française de bénéficier de ce système vertueux. Un bel exemple de résilience de la filière antillaise. « La Banane Française a sauvé la filière », estime Francis Lignières, producteur et président du groupement Les Producteurs de Guadeloupe (LPG).

Lire aussi : La Banane de Guadeloupe et Martinique célèbre sur le Salon de l’Agriculture sa reconnaissance en marque préférée des Français

 

Un ruban spécial 10 ans pour La Banane Française

Pour ses 10 ans, La Banane Française revêt ses habits de fête : à la place de son ruban bleu-blanc-rouge inspiré du col des MOF, La Banane Française depuis mi-février et pendant toute l’année 2025 portera un ruban collector designé par l’artiste Jérôme Masi, choisi par la filière pour son style et pour son traité graphique minimaliste. 

Une main de banane enrubannée en bleu-blanc-rouge; et une deuxième main de bananes avec un ruban coloré designé
© Julia Commandeur

Pour le Tour de France, dont la Banane de Guadeloupe et Martinique est fournisseur officiel, l’artiste a prévu une déclinaison du ruban. 

Un jeu-concours pour les consommateurs est aussi proposé du 10 mars au 10 avril dans plusieurs enseignes, avec comme lot principal un voyage d’une semaine en Guadeloupe ou en Martinique pour deux personnes. 

A relire : Expansion en Belgique : quel bilan pour la banane de Guadeloupe et Martinique ?

Les plus lus

<em class="placeholder">Production légumière . Récolte de l&#039;ail dans la Drôme .</em>
Ail : 7 infos à connaître sur sa consommation
Porté par son statut de condiment, l’ail reste très largement consommé en France. Mais les achats reculent sous l’effet de l…
<em class="placeholder">Catherine Mingam, productrice de rhubarbe dans le Finistère.</em>
Finistère : « En rhubarbe, la principale difficulté est la gestion de l'enherbement »

Productrice de légumes dans le Finistère, Catherine Mingam s’est diversifiée en 2017 dans la rhubarbe. Une culture entièrement…

maraichage, désherbage thermique, manuel et par occultation sur carotte en Vendée
Carotte en Vendée : « J’ai économisé plusieurs jours de désherbage »

Adrien Cano et Marine Dunand cultivent des légumes en maraîchage bio diversifié à Maché en Vendée. Depuis leur installation en…

<em class="placeholder">Christophe De Hautefeuille, pruniculteur, et président du BIP, posant pour une photo dans son verger de pruniers dans le Lot-et-Garonne. </em>
Pruneau dans le Lot-et-Garonne : « Les effets de la canicule sont stupéfiants » 

Christophe de Hautefeuille, pruniculteur bio installé sur 43 ha à Sembas, dans le Lot-et-Garonne, également président du…

<em class="placeholder">Point de greffe sur un pommier, dans le cadre d&#039;un essai porte-greffes sur pommiers au centre CTIFL de Balandran dans le Gard.</em>
Pomme : le porte-greffe G214, une piste d’avenir ?

Le porte-greffe G214, en pommier, est pour l’instant le meilleur élève d’un essai en cours au CTIFL dans le cadre du réseau…

Test d'un enjambeur Romanesco en maraîchage.
Maraîchage en Seine-Maritime : « J’ai choisi un lit de désherbage capable de faire d’autres tâches. »

Maraîcher à Octoville-sur-Mer en Seine-Maritime, Anicet Deschamps utilise depuis deux ans l’enjambeur modulaire de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes