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CNIPT
Jean-Luc Gosselin, un directeur clairvoyant et grand défenseur de l'interprofession

Le directeur du CNIPT vient de prendre sa retraite. Il aura passé 40 ans au service de l'agriculture et reste comme celui qui a donné une véritable dimension à la filière pomme de terre.

En quittant pour la dernière fois son bureau du CNIPT le mardi 30 septembre, Jean-Luc Gosselin a sûrement eu un gros pincement au cœur. Et un grand moment de blues. On ne quitte pas l'interprofession pommes de terre comme ça, surtout au bout de 25 ans de maison. Un quart de siècle durant lequel il aura contribué à bâtir et dessiner les contours de cette filière, entouré de présidents visionnaires. Et puis en prenant l'ascenseur pour la dernière fois, cet ancien diplômé de l'IAE Paris a dû revoir défiler les premières images : manifestations parfois violentes, meetings dans des salles surchauffées des Flandres où, tout jeune chef du service économique du CNIPT, il se faisait prendre à partie par des producteurs excédés des crises à répétition… Il doit se rappeler ces interpellations lancinantes en provenance du terrain : “Mais que fait donc le CNIPT ?” « Je me souviens surtout de la campagne 1992-1993, la plus grave que la pomme de terre ait connue jusqu'à maintenant ! ».

Révolution culturelle

Entré au CNIPT dans des conditions plus que difficiles (la disparition de Jean-François Estrade et les dossiers plus que sulfureux d'un ancien directeur), Jean-Luc Gosselin a fait preuve de toutes ses qualités pour faire passer un secteur pommes de terre d'un état de crise structurelle à une filière performante, organisée et responsable. « C'était l'époque du FORMA, se souvient-il. On gérait de grandes opérations de régularisation de l'offre. On stockait, on enfouissait, on dénaturait et on exportait dans les pays des mille et une nuits. Cela coûtait cher, mais ça ne marchait pas ! » C'est à ce moment-là que le CNIPT a opéré sa “révolution culturelle”. Sur le terrain, on a douté pendant longtemps des bonnes orientations prises à l'époque par le jeune directeur. Des présidents comme Bernard Vivier, François Formentin ou Bernard Taffin l'ont appuyé dans sa stratégie d'entière reconnaissance du “monde de la pomme de terre”. Avec conviction, ténacité et passion, Jean-Luc Gosselin a défendu son projet. Sa stratégie reposait sur des choses simples : la qualité, la segmentation et la communication.

Grand défenseur de l'interprofession

L'homme n'est pas de nature à s'épancher sur son parcours. Mais au moment de dire au revoir, il a sûrement apprécié qu'on lui reconnaisse ses qualités. Et Patrick Trillon les a rappelées : « Sa discrétion, sa ténacité, sa pugnacité dans l'action, sa rigueur, parfois sa distance ». Mais l'homme est animé d'une très grande humanité et d'une empathie naturelle avec un modèle d'engagement professionnel que le président actuel du CNIPT a beaucoup apprécié. Jean-Luc Gosselin restera surtout comme “un grand défenseur du modèle interprofessionnel”. Il l'a encore prouvé tout récemment dans son combat pour faire évoluer la loi d'orientation agricole pour une meilleure protection des interprofessions. Aujourd'hui, il regrette que « la pression sur les prix ait brisé l'élan impulsé et étouffé l'innovation ». Son dernier message, et non le moindre : « La filière de consommation doit avoir sa réflexion autonome, sa stratégie propre, son organisation spécifique. Ce n'est qu'en ayant cette autonomie qu'elle pourra collaborer efficacement avec les autres familles (plants, industrie, et fruits et légumes) ». Message passé.

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