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Import : concentration et spécialisation en légumes d’hiver

En Espagne et surtout au Maroc, les besoins de capitaux et de sécurité commerciale accélèrent la concentration de l’offre de légumes et la spécialisation des producteurs.

En Espagne, de fortes pluies ont touché les zones agrumicoles du Nord de Valence et de Séville mais pas la région de Murcie. Les bénéfices de cet apport d’eau dépassent de loin les dégâts annoncés à grands renforts médiatiques. Ces pertes sont consécutives à la fragilisation des variétés précoces de petits agrumes et au risque de “boursouflage” des variétés du groupe des Nulès.

Le contexte reste difficile en légumes. Les récoltes sont jusqu’alors restées abondantes dans tout le Nord de l’Europe, surtout dans la gamme des salades. Elles devraient baisser brutalement début novembre.

En Espagne, toutes les espèces légumières sont expédiées à des prix s’échelonnant entre 0,5 et 1 euro. Cette limite haute de 1 euro n’est franchie qu’en poivron jaune, le vert est plus bas.

Aux Pays-Bas, la cotation départ du poivron vert est de seulement 0,64 euro ! Elle est trois fois inférieure à celle du rouge, qui prédomine, l’orange caracolant en tête à 2,80 euros. Cela permet de barrer la route à l’Espagne qui propose surtout du vert en début de saison.

La situation est presque similaire en concombre : la tendance à allonger le calendrier de production au nord est une entrave au gain de précocité que des producteurs d’Almeria ont abandonné. Ils auront plus de chance au printemps.

Des avances deviennent des pertes

Au Maroc, les fortes chaleurs s’estompent sur les zones côtières et la pluie était aussi annoncée à l’intérieur du Souss. La qualité des premiers envois de haricot Coco (1,20 euro) n’a pas permis d’atteindre les niveaux de prix pourtant très bas de l’Espagne (1,50 euro). Le type fin constitue l’essentiel de l’offre de haricot vert (1,20 euro).

En tomate, la pression de l’offre d’Espagne et du Maroc va s’accentuer la semaine prochaine avec le début de la pleine saison d’Almeria et d’Agadir. Sur Almeria, la grappe progresse nettement au détriment des rondes. Dans le Souss, les opérateurs spécialisés progressent par intégration de nouveaux apporteurs qui se rangent sous la bannière sécurisante des marques. Ces dernières sont souvent entre les mains d’entreprises leader qui sont à même de faire les avances de trésorerie nécessaires pour moderniser les installations.

Des accords partenariaux sont également renforcés avec des Espagnols, ce qui permet de faire des transferts de capitaux et de savoir-faire. Le cas de la tomate cerise est emblématique de cette tendance et de la forte spécialisation qui en découle : le leader pèse maintenant 12 000 t et est capable de produire 12 mois sur 12, surtout pour le marché anglais.

Ces bouleversements accentuent les obstacles pour les nouveaux entrants. Les entreprises les plus récentes essuient des pertes de plusieurs centaines de milliers d’euros d’avances de campagne, la dernière saison ayant été marquée par les prix les plus bas jamais connus. C’est d’ailleurs ce besoin de capitaux qui accélère la concentration commerciale.

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