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Entretien avec Olivier Dauvers
« Il reste des marges de développement pour les f&l »

Avec une offre forte, les fruits et légumes en drive pourraient encore se développer, analyse Olivier Dauvers, journaliste spécialisé dans la grande distribution.

FLD : Le drive est-il toujours le phénomène de la distribution française de ces dernières années ?

OLIVIER DAUVERS : L'année 2013 a confirmé la progression exponentielle du drive en France. Le parc a atteint 2 700 unités et le rythme des ouvertures est resté élevé : 850 drives en plus entre janvier et décembre. Et cette progression s'est accompagnée d'une demande de plus en plus flagrante de la part des consommateurs pour ce type de format. Le chiffre d'affaires a progressé de 50 % pour atteindre 3,8 milliards d'euros contre 2,2 milliards en 2012. Deux distributeurs français sont particulièrement bien placés. Leclerc demeure le plus important opérateur sur ce créneau avec environ 1,45 milliard d'euros de recettes et Auchan (Auchan Drive et Chronodrive) suit avec un chiffre d'affaires établi entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros. Les autres intervenants se partagent le 1,3 milliard restant.

FLD : Comment expliquer cet engouement ?

O. D. : Le drive répond clairement à une attente sociologique. Ce concept apporte aux consommateurs plus de valeur au travers du service qu'il lui rend sans qu'il ne lui en coûte davantage et c'est bien là l'explication principale du succès. De plus, c'est bien en France que la modélisation du drive s'est accomplie. Qu'il s'agisse de drive accolé à un hypermarché, en bâtiment solo, ou en configuration en étoile comme Leclerc le développe, l'essentiel – commande par Internet, récupération par le consommateur – est le même. Et les expériences d'association d'un drive avec d'autres magasins spécialisés, du genre Arcimbo, sur un même site, n'ont toujours pas montré leur pertinence. En ce sens, nous sommes en avance sur nos voisins européens et autres. La tendance ne devrait pas s'estomper. On assistera peut-être à un léger ralentissement dans les ouvertures. Mais cela tiendra à un réseau de plus en plus serré sur le territoire. En tout cas, ce ne sera pas dû à la mise en place éventuelle des dispositions de la loi Duflot sur les drives et sur les obligations réglementaires qui en découleront. Cela restera un épiphénomène.

FLD : Les fruits et légumes ont-ils leur place dans le drive ?

O. D. : La place des fruits et légumes doit être comprise dans celle des produits frais en général vendus en drive. Ces derniers sont, en effet, sous-représentés dans le panier des utilisateurs de drive, qui privilégient des achats utilitaires, de type PGC et épicerie. Le frais traditionnel ne représente que 3 % des achats, contre 18 % dans celui d'un hypermarché, comme l'a récemment montré une enquête Nielsen. En revanche, les fruits et légumes représentent les trois quarts des ventes en frais dans les drives alors qu'ils atteignent 25 % en hyper. Ils sont donc tout à fait intégrés dans les achats des consommateurs. On remarque que les comportements d'achats diffèrent peu entre drive et hyper concernant les fruits et légumes : la dépense moyenne est de 4,50 € dans le premier et de 5 € dans le second. Il reste encore des marges de développement pour ces produits : seulement 55 % des utilisateurs de drive achètent des fruits et légumes (Nielsen). On remarque que, là aussi, la tendance est à l'achat utilitaire avec une gamme courte : bananes, tomates, pommes. Il semble bien que l'enjeu pour les distributeurs sera de proposer une offre plus structurée et plus importante.

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