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La méthanisation en France
GreenWatt développe ses projets dans l'Hexagone

Après le démarrage de l'unité de méthanisation chez Boyer dans le Tarn-et-Garonne, l'entreprise GreenWatt multiplie les projets. Quatre ont déjà vu le jour.

« Un projet de biométhanisation doit être étudié au cas par cas, en fonction du type de déchets à valoriser, des autres solutions locales de valorisation qui peuvent exister, des conditions de rachat de l'électricité produite... », souligne Benjamin Mommens, directeur commercial Europe chez GreenWatt. Selon les pays, les motivations sont différentes. Au Chili, une dizaine de projets sont à l'étude, mais leur mise en œuvre est généralement assez longue. Les tarifs de rachat d'électricité ne sont pas clairement définis. En revanche, la logistique électrique est souvent défaillante et la biométhanisation est davantage considérée comme une solution locale capable de sécuriser l'approvisionnement énergétique.

En France, les tarifs de rachat sont garantis, mais l'arsenal administratif nécessaire au montage d'un projet est très lourd. De nombreuses incertitudes freinent encore les investisseurs, en particulier en temps de crise, alors même que les annonces politiques semblent favorables au développement des énergies renouvelables et des technologies alternatives.

Au moment du démarrage de l'unité de biométhanisation chez Boyer SA en 2011, l'entreprise GreenWatt a profité d'une période très favorable au lancement de nouveaux projets. Et Boyer est fier d'annoncer que l'entreprise ne paye plus pour jeter ses écarts de tri. « Nous produisons notre énergie (gaz) qui fournit de l'électricité et le digestat est très recherché en termes de compostage, nous payons pour le transport vers une plate-forme de compostage », explique Joël Boyer. Après trois ans et demi de fonctionnement, plus de 17 000 t de produits ont déjà été méthanisés (outre les melons, on note des prunes, des kiwis ou encore des pommes). Certaines productions sont plus méthaniques que d'autres comme le kiwi. Et l'intérêt ne réside pas uniquement pour l'entreprise Boyer, les opérateurs alentours y gagnent, car envoyer des productions à la méthanisation coûte bien moins cher que de les détruire. Cette année, Boyer innove. Au printemps, une filtration sur roseau sera installée pour l'eau. Jusqu'à présent cela était géré par la mairie de Moissac et le service des eaux. Avec ce nouveau système de filtration, Boyer aura ainsi fait le tour complet pour réaliser le maximum d'économies d'énergie et de coûts. « Cela faisait des années que nous cherchions une solution pour nos écarts de tri en production. On réfléchit évidemment aussi sur d'autres solutions comme la IVe gamme, à faire du produit séché, mais le travail de recherche est long car nous n'avons pas droit à l'erreur. Il faut fournir en conséquence et ne jamais décevoir le client final. C'est toute la difficulté, surtout dans du produit en IVe gamme », insiste Joël Boyer.

Des gisements importants existent

Chez GreenWatt, on décompte quatre nouveaux projets qui sont aujourd'hui à des stades très avancés : chez Larrère, entreprise landaise spécialiste de la carotte (cf. p. 24), en Picardie chez l'endivier Soyecourt, à la coopérative légumière de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire), ou dans une usine agroalimentaire bourguignonne. Cette dernière a besoin de traiter à la fois les déchets solides à base de matières grasses issus de sa ligne de production, et d'accroître la capacité de sa station d'épuration en utilisant la technologie de biométhanisation pour un traitement préalable de ses eaux usées.

Aujourd'hui en France, le marché de la biométhanisation est relativement calme. Pourtant, les gisements de déchets agricoles ou agroalimentaires sont nombreux et le potentiel de développement important. En Allemagne ou dans les pays nordiques, la biométhanisation s'est déjà beaucoup développée par le passé, et le marché a atteint un certain niveau de maturité. L'Italie, les pays de l'Est ou l'Espagne ont des potentiels de développement plus importants, mais sont pénalisés selon les cas par la crise économique, l'absence de cadre juridique ou réglementaire, la baisse des tarifs de rachat… L'Afrique du Sud et le Maroc sont aussi des marchés d'avenir.

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