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Frémissement pour la framboise, ouverture en myrtilles

La France ne surfe pas sur l'engouement européen pour les petits fruits rouges. Seule la framboise semble émerger timidement. Une ouverture est cependant possible en myrtilles. Explication.

Pour le créateur de variétés et pépiniériste Planasa, les demandes de framboisiers commencent à se développer en France. « Mais cela n'a rien à voir avec l'engouement que l'on constate à l'échelle européenne, affirme Mathieu Marsais, directeur commercial chez Planasa France, où la consommation de framboises, de myrtilles et de mûres explose. » Pour mieux capter ce frémissement, Planasa a créé un club de producteurs de framboises français comme c'est déjà le cas en Espagne, Portugal et Maroc. Trois d'entre eux ont rejoint cette entité : France Food dans les Yvelines, Philippe fruits import (PFI) en Dor-dogne et Fruits rouges & Co dans l'Aisne. Ils multiplient et/ou cultivent lupita et surtout adelita, deux variétés de framboises remontantes* issues de la sélection Planasa. Ainsi en trois ans, 10 ha ont été plantés à titre d'essais. Les producteurs appréhendent ainsi les deux variétés et peuvent échanger sur les meilleurs itinéraires techniques. « Adelita et lupita présentent une vraie aptitude pour les circuits longs, contrairement à la plupart des autres variétés, affirme Mathieu Marsais. C'est leur principal intérêt. La durée de leur conservation est doublée par rapport à des variétés classiques comme polka. Par ailleurs, les fruits d'adelita sont plus gros. » Adelita serait aussi la seule variété qui peut produire des fruits du 15 novembre au 15 mars dans un climat comme celui de Huelva en Espagne.

Nouvelle variété, nouveau créneau de marché, les surfaces de framboisiers ont été multipliées par deux en cinq ans à Huelva. Planasa oriente ainsi sa recherche sur la conservation et le goût. Des variétés de jours courts dont la récolte s'effectue au printemps dans le nord de l'Europe devraient bientôt être mises sur le marché.

Nouveau créneau pour les myrtilles Le frémissement du marché en framboises pour la France ne semble pas déteindre sur les myrtilles et encore moins sur les mûres. A Cheffes-sur-Sarthe (Maine-et-Loire), Mathieu Billotte produit des plants et des myrtilles. Il vend plus de 800 000 plants, surtout en Espagne, au Portugal et au Maroc. Grâce à des variétés d'espèce moins exigeantes en froid, les “rabbits eye”, des plantations s'effectuent massivement dans le bassin méditerranéen.

« En France, les myrtilles sont commercialisées uniquement en circuit court surtout dans l'est où une véritable culture de la myrtille existe, analyse-t-il. Dans les autres régions, la part de la main-d'œuvre dans les coûts de production (surtout la récolte) pénalise les producteurs français vis-à-vis de leurs homologues du bassin méditerranéen. Néanmoins, deux fenêtres commerciales sont à saisir dans l'Hexagone, du 15 juin au 15 juillet, entre la production espagnole et la cueillette polonaise. » Les Landes et le Val de Loire sont sur les rangs, le Limousin pourrait être une nouvelle zone de production adaptée à ce type de myrtilles.

Ces nouvelles donnes permettront-elles vraiment de faire décoller la vente de petits fruits rouges en France ? Jusqu'à présent, les producteurs passent par les grossistes pour écouler leurs marchandises. Les volumes sont faibles et peu adaptés à la GMS française. En Grande-Bretagne – le plus gros consommateur européen –, les petits fruits rouges sont un véritable produit d'appel. Des gondoles réfrigérées entièrement approvisionnées en petits fruits rouges existent afin de respecter les meilleures conditions de conservation. La framboise, par exemple, nécessite d'être conservée à 6-7 °C et non à 4 °C comme cela est d'usage en France pour les fruits et légumes.

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