Aller au contenu principal

Point de vue
Freddy Dutoit du Vlam: « On renationalise l'Europe! »

Freddy Dutoit est directeur de l'Office flamand d'agro-marketing à Paris, chargé de la promotion des produits flamands sur les marchés français et suisse.

FLD : Le mot d'ordre “Consommez français” du gouvernement a-t-il un impact sur les achats des fruits et légumes belges ?

FREDDY DUTOIT : Cette année, ça se passe plutôt bien. On est dans une concurrence tout à fait normale. L'accès n'est pas fermé comme l'an dernier lorsque les centrales étaient bloquées notamment chez Carrefour qui avait signé un accord avec Légumes de France pour ne mettre que des fruits et légumes français dans les rayons. On nous appelait juste au coup par coup lorsqu'il y avait des manques, en nous demandant un peu de ceci ou cela pour répondre à la demande ! C'en était ridicule et très compliqué au niveau logistique ! Cette année, il n'y a pas de blocage. Qu'on fasse la promotion des produits français, c'est normal. Les producteurs font leur boulot. C'est une concurrence loyale. C'est le marché qui joue, pas une distorsion exercée par une pression.

Fld : On vous a vu un peu virulent sur le sujet sur un réseau social…

F. D. : Oui, ce qui me gène, c'est quand on entend : “Ça vient de France donc c'est bon”, c'est ce “donc” qui me gène. On mélange ici la qualité, la traçabilité avec l'origine. Ce qui n'a pas grand-chose à voir. C'est quand même regrettable qu'on arrive à des situations telles que celles d'agriculteurs belges qui viennent planter en France [NDRL cf. fld hebdo du 26 août] parce que les produits auront du coup une origine France.

« Il faut travailler ensemble à la promotion des fruits et légumes ».

Quant au “consommer local”, pour un habitant de Lille qu'est-ce qui est le plus local : manger des tomates qui viennent de Belgique (chez nous les zones de production se situent à Roulers à moins de 50 km de Lille et Malines à 300 km de Rungis) ou des tomates françaises de Bretagne ou du Sud de la Loire ?

J'ai l'impression actuellement que l'agriculture renationalise l'Europe. L'exemple du porc est criant !

FDL : Pour vous, quelles seraient les solutions ?

F. D. : A titre personnel, je regrette qu'au niveau européen, on ne travaille pas ensemble pour promouvoir la consommation de nos produits, en particulier les fruits et légumes. Il y a des choses qui se font au niveau européen, avec Aprifel notamment, mais c'est surtout au niveau scientifique. Pour ce qui est de la promotion, rien n'existe réellement. On ne met pas les moyens qu'il faudrait pour une vraie étude approfondie au niveau du marketing… mais je ne sais pas si les esprits sont prêts pour ça.

FLD : Pourquoi ?

F. D. : Parce qu'actuellement, chaque pays arrive avec ses idées, son programme préétabli. Il y a beaucoup de push (on décide par exemple de pousser la poire ou les endives) mais on n'a pas de stratégie pull*.

On se bat pour prendre la plus grosse part du gâteau, qui diminue de plus en plus il est vrai, alors qu'il faudrait essayer d'augmenter ce gâteau !

* Dans une démarche push, le producteur cherche à écouler son produit sur le marché. Dans une stratégie pull, le producteur dispose d'images connues, fortes et c'est le consommateur qui réclame le produit.

Les plus lus

<em class="placeholder">Mise en barquette manuelle de fraises en récolte.</em>
La fraise française veut prévenir une crise conjoncturelle

L’AOPn Fraises Framboises de France se mobilise pour éviter un décalage entre l’offre et la demande de fraises françaises.…

<em class="placeholder">Arnaud Bergougnoux, responsable technique du Verger de la Blottière.</em>
Maine-et-Loire : "En poire, nous avons réussi à limiter l'alternance"

À La Blottière, entreprise arboricole basée dans le Maine-et-Loire, le renouveau de la poire passe par des choix variétaux et…

<em class="placeholder">Carte d&#039;anomalie : écart à la normale. Moyenne des températures moyennes en °C en France métropolitaine pour le début de l&#039;année 2026</em>
Arboriculture : la floraison menacée par le gel suite aux chaleurs du début d’année

Depuis début 2026, l’écart des températures à la moyenne dépasse les 2 °C dans plusieurs régions du nord de la France. Ce…

<em class="placeholder">Marc Fauriel, producteur de poires bio à Loriol sur Drôme devant un verger de la variété Conférence, âgé de quinze ans.</em>
Drôme : « Aujourd’hui, en poire bio, nous manquons de stratégies de lutte »

À Loriol-sur-Drôme, le Gaec Fauriel Frères cultive 12 hectares de poiriers en agriculture biologique. Mais les obstacles…

<em class="placeholder">Dirigeants de la Sica Saint</em>
Légumes en Bretagne : la Sica Saint-Pol de Léon toujours en crise

Déjà très affectée en 2025, la Sica Saint-Pol de Léon a encore vu son chiffre d’affaires baisser de 22 % depuis novembre…

<em class="placeholder">plant de fraise atteint de pestalotiopsis</em>
Fraise : Comment la filière limite le développement du pestalotiopsis en 2026

Le pestalotiopsis a occasionné de nombreux dégâts en production de fraises en 2025. Pour la saison 2026, la filière se…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes