Etre en haut de l’affiche, et y rester
D’une image idyllique du monde rural à l’apparition d’une agriculture de précision adaptée au marché de consommateurs citadins, c’est en ces termes que l’on pourrait résumer le travail de recueil d’affiches réalisé par Claudine Chevrel et Béatrice Forney. Toutes deux sont à l’origine de l’exposition “Perrette et le tracteur : le paysan dans la publicité”, proposée à la Bibliothèque Forney. Par leurs regards croisés sur l’agriculture, le paysan et son image, elles ont ainsi mis en exergue les clichés chers à nos cœurs. Un regard biaisé par la propagande dont se sont servis certains de nos politiques pour asseoir leur “popularité”.
Pour sortir de notre traditionnelle interview, nous avons décidé de donner la parole à l’un des médias les plus puissants : la publicité. Une interview donc culturelle, choix délibéré, vu le nombre de sujets brûlants évoqués dans ce numéro. Décembre en effet sera cette année une période charnière. C’est dès l’an prochain que la filière aura à se réorganiser dans la pratique. Ce sera le cas du kiwi (lire "Trois questions à... François Lafitte..."). La création d’une association de producteurs serait sur les rails mais aucune voie d’orientation n’a encore été décidée. Les producteurs auront à choisir entre une AOP interprofessionnelle ou une AOP regroupant les services de la section nationale actuelle et dont tous les travaux interprofessionnels reviendraient à Interfel dans le cadre d’une section interprofessionnelle de première mise en marché, une organisation aussi au cœur des préoccupations des producteurs d’endives (lire "La filière met en place..."). Si ceux-ci ont réussi à mettre sur pied une AOP commune, elle rassemblera deux sections : la Siper et la Somo.
Mais plus qu’un défi, décembre sera le mois de la présidence agricole française ou ne sera pas. En effet, Michel Barnier annonçait vouloir boucler le Paquet pesticides avant fin 2008. Il martelait même :
« C’est un sujet clé du nouveau modèle agricole et plus la réponse sera européenne plus elle sera efficace. » A l’heure où nous bouclions ces pages, le Parlement européen devait encore rendre son avis. Et même s’il reste consultatif, il aura, c’est certain, un impact dans les discussions à venir. Pour l’heure l’harmonisation a déjà bien avancé. Si l’Europe peut se targuer d’être la seule région du monde à avoir révisé les normes de mises en marché et les autorisations de plus de 1 000 substances actives, ce travail n’est pas encore achevé. Unique question : que feront les agriculteurs de productions dites mineures ? Travailleront-ils dans l’illégalité ou bien poseront-ils leurs outils ?