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Élargissement: à l’Est, tout sera nouveau

Avec l’élargissement à 25, l’Europe va compter 450 millions d’habitants et une production de 89 Mt de f&l. Une bataille s’annonce pour gagner des parts de marchés.

“Dans trois mois, l’Union européenne va vivre un nouveau rendez-vous avec l’histoire, souligne Hélène Baillon Invitée par le comité régional de promotion Paca. de Ubifrance-CFCE. Dix nouveaux états membres, 75 millions d’habitants supplémentaires, notre pays a une véritable carte à jouer sur ces nouveaux marchés proches et prometteurs. Les effets de cet élargissement, peu médiatisés sont une véritable opportunité.” L’élargissement, en chiffres, c’est 40% d’Etats en plus, la superficie de l’Union qui s’accroît de 20%, la population qui augmente de 20%, et une Surface agricole utile (SAU) multipliée par deux.

Mais l’élargissement, c’est aussi le centre de gravité de l’Union qui se déplace vers l’Est: à elles deux, l’Allemagne et la Pologne vont concentrer plus de 27% de la population de l’Europe à 25. Le nouveau “marché commun” comptera donc à partir du premier mai, 450 millions d’habitants et une production de 89 millions de tonnes de F&L (hors pommes de terre et olives). Ce qui constitue une belle opportunité et une nouvelle chance: les F&L représentent le premier poste d’achats des ménages européens avec 232 kg/habitant/an, auxquels s’ajoute l’autoconsommation. S’il est vrai que dans de nombreux pays entrants, la diète alimentaire est plutôt roborative et peu diversifiée, il faudra compter avec la croissance du PIB estimée en moyenne, pour 2004, à 4% (sauf Malte et la République tchèque) et à 6% pour les Pays Baltes, ce qui devrait autoriser des dépenses alimentaires plus importantes.

La Pologne et la Hongrie, les deux poids-lourd des f&l

La production de F&L de ces dix nouveaux pays est estimée à 7 Mt de fruits et 6 Mt de légumes, avec deux “poids lourds: la Pologne (3,5 Mt de fruits, 3,6 Mt de légumes) et la Hongrie (1,6 Mt de fruits, 1,6 Mt de légumes).” Tous les petits pays entrants, y compris la Hongrie, ont très peur de la puissance de la Pologne, rajoute Hélène Baillon. Mais ils craignent aussi de ne pas être compétitifs, notamment par rapport à l’Espagne et l’Italie, et surtout ils redoutent de voir leurs marchés envahis par des produits bas de gamme.

Mais il faut compter sur de nouvelles habitudes alimentaires pour gagner des parts de marché. C’est le cas de l’abricot réservé à la transformation et peu consommé comme fruits de bouche.

En Hongrie, par exemple, 60% de la production de F&L sont destinés à la transformation et 70% des F&L exportés en frais sont destinés aux industries étrangères de la transformation.

“Il faut s’attendre cependant, à la mise en place de nouvelles stratégies de la part des grands groupes européens (dont certains sont déjà bien implantés, comme Bonduelle pour qui travaillent 1/3 des producteurs hongrois de maïs doux) ou internationaux. La prise de parts de marché risque d’être rude.

Si l’on tient compte des évolutions du dollar, de l’émergence de la Chine, premier producteur mondial de fruits et légumes, il est vraisemblable que les principaux marchés à l’export de l’Union européenne à 15, s’intensifient et se resserrent rapidement sur l’UE à 25.

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