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Dossier Serre : les structures évoluent

La progression des technologies et la nécessité de produire plus avec moins d’intrants entraînent l’évolution des structures des serres. La serre plastique se développe et devient plus technique, avec des transferts de technologies de la serre verre vers l’abri plastique.

© RFL

La nécessité de produire plus pour nourrir une population croissante, tout en consommant moins d’intrants, notamment d’eau et de pesticides, entraînent le développement de la production sous abri. Un peu partout dans le monde, le parc de serres s’agrandit pour protéger les cultures du climat et des bioagresseurs et gagner en rendement et précocité. La serre verre est la plus aboutie, toujours plus haute, lumineuse, aérée, avec des technologies pointues de pilotage du climat mettant la plante au centre de la conduite. Des systèmes de chauffage performants, la déshumidification active, les doubles écrans se généralisent, avec un recours croissant au numérique, et on voit apparaître des systèmes d’éclairage des serres permettant de produire toute l’année. De par le monde toutefois, l’abri plastique, moins coûteux, est le plus développé et les surfaces continuent d’augmenter en s’élargissant à de nouvelles espèces (petits fruits…).

 

 

En France, sur 7 500 ha d’abris hauts utilisés, 6 200 ha sont des abris plastiques froids ou peu chauffés, pour 1 300 ha de serres chauffées. « Actuellement, l’abri plastique est utilisé surtout par des producteurs sous abris froids, avec une grande hétérogénéité des espèces et variétés cultivées, des conduites et des problématiques, constate Eric Brajeul, du CTIFL. Il est considéré comme moins technologique et moins rationnel que les serres verre chauffées. Pourtant, les structures des serres plastiques évoluent. Les constructeurs proposent des serres plus élaborées. Et des transferts de technologies sont possibles de la serre verre vers l’abri plastique, où il y a du potentiel de développement. » Le développement de l’agriculture biologique, qui implique une production en sol et plutôt sous abri froid, incite aussi à s’intéresser à des serres plastiques plus performantes, les nouveaux acteurs de la bio recherchant du rendement, de la qualité et de la précocité.

Augmenter l’efficience des abris plastiques

Dans ce contexte, une enquête a été initiée par le CTIFL pour mieux connaître la production sous abris froids et peu chauffés en France, identifier les problématiques rencontrées dans les différentes espèces et régions, et voir comment augmenter l’efficience de ces abris en termes de maîtrise sanitaire, productivité, qualité, allongement des calendriers de production… L’enquête étudie les contextes nord et sud de la France et se concentre sur la tomate, le concombre et les salades, dont la mâche. La fraise, plus étudiée par ailleurs et qui bénéficie d’abris déjà bien équipés, n’est pas concernée. Les enquêtes ont commencé fin mai au Sud et devraient s’y poursuivre jusqu’à l’automne. Au Nord, elles se dérouleront sur l’été 2019 et le printemps 2020. Les résultats seront communiqués à l’automne 2020. « Actuellement, les conduites sous abris froids et peu chauffés sont simplifiées et les résultats sont très hétérogènes entre abris et années, car les producteurs ne maîtrisent pas tout ce qui s’y passe, analyse Vincent Truffault, du CTIFL. Le but de l’enquête est d’avoir une vision claire des pratiques et des problématiques et de voir comment l’évolution des structures des serres et des transferts de connaissances et de technologies de la serre chauffée vers l’abri froid peuvent améliorer la situation. Sur le principe, cela reviendra à remettre la plante au cœur du système, à mieux suivre sa physiologie à partir de capteurs et à utiliser les actionneurs possibles pour limiter la baisse d’activité des plantes, comme l’irrigation, la fertilisation, l’aération, l’utilisation des écrans. » L’enquête devrait ainsi permettre d’orienter les recherches du CTIFL et de ses partenaires.

L’offre des constructeurs évolue

En parallèle, l’offre des constructeurs évolue vers des serres plastiques plus larges, plus hautes, offrant plus de volume et facilitant la gestion du climat. Les formes évoluent pour améliorer l’entrée de l’air et de la lumière. Les ouvrants se perfectionnent et les possibilités d’aération se multiplient (en façade, sur les côtés…). « La gestion naturelle du climat est un atout, estime Olivier Naudin, directeur commercial Europe chez Filclair. Elle est moins coûteuse et plus durable qu’une climatisation mécanisée et intéresse notamment la bio. » Les structures se font aussi plus robustes, pour la pérennité de la serre, l’installation d’écrans et l’assurabilité de la serre. « Avec la multiplication des phénomènes climatiques violents, la résistance de la serre devient essentielle », souligne Guillaume Bruguerolle, directeur commercial Europe chez Richel. L’isolation des serres plastiques se renforce également, avec des joints d’étanchéité sur les ouvrants et le développement des doubles parois gonflables, très bien isolées et qui impliquent un investissement inférieur à la serre verre (25-30 €/m² contre 55-60 €/m² en serre verre, hors équipements). Autres évolutions des serres plastiques : la possibilité d’y installer des écrans thermiques et d’ombrage et des filets insect-proof. Les films évoluent aussi, avec le développement des anti-buées, des films plus transparents, des films diffusants, UV transparents ou résistants au soufre. Le CTIFL a ainsi testé une serre double paroi gonflable équipée du film spécifique F-Clean, qui permet une transmission maximale des rayons lumineux. « Les résultats sont très intéressants et nous n’avons pas changé le film depuis 10 ans, indique Ariane Grisey, du CTIFL. L’investissement dans ce cas est toutefois aussi élevé que pour une serre verre. » Enfin, une autre évolution importante est que les serres plastiques peuvent désormais être équipées de chauffage et de système de déshumidification active, aboutissant à une offre de serres plastiques semi-fermées.

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