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Port de boulogne-sur-mer
“Deux ans d’avance en matière de bateaux à grande vitesse !”

Alain Rousseau, directeur du développement portuaire de Boulogne-sur-Mer, a reçu Fld hebdo. Interview.

Fld : La Chambre de Commerce de Boulogne-sur-Mer accueille le congrès de Fedepom les 14 et 15 juin prochains. Pouvez-vous nous rappeler l’historique des relations entre la Chambre de Commerce de Boulogne-sur-Mer et Fedepom ? Quelles sont les raisons qui vous poussent aujourd’hui à accueillir les négociants français en pommes de terre ?

Alain Rousseau : Nos premiers contacts remontent à 2004 au moment où le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais appuyait l’exportation de pommes de terre vers des destinations autres que les destinations traditionnelles. C’est ainsi que Fedepom participa au salon russe de l’agroalimentaire en 2004 avec la volonté de débuter l’exportation de pommes de terre sur Saint-Pétersbourg. Le hasard a fait également que dans le même temps des bateaux russes ont chargé des tubercules à Boulogne. On a fait environ 25 000 t durant cette campagne 2004-2005 Il n’y a pas eu d’exportations de pommes de terre durant la campagne 2005-2006 à partir de Boulogne, comme il y en a eu très peu à partir de la Hollande dans une campagne où les Russes furent beaucoup moins demandeurs.. C’est à cette époque-là que nous avons proposé à Fedepom de les accompagner sur des salons pour nous faire connaître : par exemple au World Food de Russie ou à Fruit Logistica de Berlin. Nous avons aussi participé au dernier congrès de Marrakech pour présenter les plans de développement du port à l’ensemble des exportateurs. Nos relations se sont progressivement développées et nous avons évoqué les flux importants qui existaient également entre l’Espagne et notre région. C’est à ce moment-là que Boulogne a évoqué son projet de bateaux à grande vitesse (BGV).

Fld : Préparer le commerce de demain, c’est imaginer la logistique qui régira les rapports commerciaux d’ici 20 à 25 ans. Dans la région, les autoroutes de la mer prennent une place de premier ordre dans le schéma de transport qui vient d’être adopté par le Conseil Régional. Boulogne y défend son dossier de BGV parmi la trentaine de projets soumis à l’UE. Le premier port de pêche français a-t-il une chance de remporter la compétition dans cette concurrence acharnée que se livrent des ports comme Nantes, Ostende ou Zeebrugge ?

A. R. : Aujourd’hui, le port de Boulogne doit être capable d’apporter des alternatives au transport routier dont on mesure aujourd’hui les conséquences d’un développement exponentiel. Il n’y a aucun autre projet de bateaux à grande vitesse, si ce n’est à Boulogne. La concurrence n’est pas maritime, puisqu’il n’existe aucun bateau Ro-Ro Le bateau RoRo permet d’embarquer des remorques grâce à des passerelles construites spécifiquement afin d’optimiser le trafic roulier. disponible dans le monde. Par contre, la concurrence est sur la route, même si Dunkerque évoque une liaison Dunkerque-Bilbao avec comme partenaire Norfolkline. Mais faire un Bilbao-Dunkerque, avec un bateau marchant à 15 nœuds pour une liaison qui durera trois jours, ne sera jamais compétitif avec la route sur laquelle un camion met 30 heures pour relier les deux villes !

Dans un premier temps, il n’y aura donc aucun autre navire rapide dans un port français ou étranger, excepté Boulogne, d’une part parce que l’on dispose d’un contrat très solide et d’autre part parce que l’on possède deux ans d’avance !

Nos quatre bateaux BGV ont été achetés par Norferries. La compagnie fait actuellement son choix final des chantiers de construction dont trois chantiers européens restent en lice. Nous aurons le nom du chantier naval destiné à construire ces navires avant la fin juillet. Ils seront opérationnels fin 2007. On ne démarrera pas simultanément toutes les lignes. Par ordre de priorité, une liaison entre Boulogne et Sheerness (Grande-Bretagne) devrait s’ouvrir et une autre sur Drammen (Norvège), cette dernière en raison du marché important des produits de la mer existant entre la Norvège et Boulogne.

Fld : Les Hollandais dominent actuellement l’exportation de pommes de terre vers la Russie, parfois à partir de tubercules français. Ils disposent des volumes, d’une logistique imbattable et maîtrise les flux financiers pour dynamiser ces exportations. Le développement du trafic agroalimentaire à partir de Boulogne peut faire rentrer la filière dans cette compétition. Quand le port disposera-t-il des installations aptes à rentrer dans la compétition avec la Hollande sur ce marché des pays de l’Est ?

A. R. : Le port de Boulogne a décidé de créer un futur terminal roulier en lieu et place de l’ancienne usine sidérurgique de la Comilog implantée sur près de 40 ha en front de mer. Les clients auront donc un terminal dédié aux productions agroalimentaires disposant de froid négatif-positif. Ce sera un lieu d’échanges et d’éclatement pour des marchandises agroalimentaires pour les marchés espagnols, britanniques et scandinaves. Ce futur terminal roulier devrait être opérationnel à fin 2007-début 2008. Il faudra sûrement mettre en place des outils comparables à ceux dont disposent les Hollandais que ce soit en termes de paiement ou en matière phytosanitaire (Ndlr : les Hollandais sont capables d’éditer des certificats phytosanitaires en l’espace de 24 heures) pour essayer de régler l’aspect souvent aléatoire de l’entrée des pommes de terre en Russie.

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