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Melon
Des surfaces de melons français globalement stables

Les prévisions de plantations (et non de récolte !) du melon ont été présentées le 11 mai lors des Mardis de Medfel. Les surfaces sont attendues en très légère hausse en France, à la baisse en Espagne et sont stables au Maroc. L'AIM en a aussi profité pour présenter son plan de communication et préciser que le dossier d'une nouvelle dénomination pour le charentais avait bien avancé.

Plantation de melon du Quercy.
© Archives FLD

Les surfaces de plantation de melons en France sont globalement prévues à 11 650 ha, selon les prévisions dévoilées par l’AIM (association interprofessionnelle du melon) le 11 mai à l’occasion de Medfel. Le gain de 250 ha se fait dans le Sud-Est, en particulier en Camargue. La volonté des opérateurs est d’allonger la saison avec des précoces (serres) mais aussi sur la fin de campagne.

Les surfaces sont portées à 5 650 ha dont 430 ha de serres (en hausse de 30 ha). Les autres régions sont stables : 3 500 ha (dont 10 ha de serres) dans le Centre-Ouest, 2 400 ha (dont 30 ha de serres) dans le Sud-Ouest et 100 ha dans les autres régions.

Un climat pour le moment favorable, des volumes à la hausse ?

Le climat a été globalement favorables pour les mises en place et la vague de gel n’aura pas eu d’impact direct sur les premières récoltes. Les plantations se poursuivent. Les volumes et les pics de production dépendront de la nouaison et des conditions climatiques des mois de mai et juin. L’entrée en production devrait être progressive avec un melon français présent à la mi-mai pour les abris chauffés, vers la fin mai pour les grands abris non chauffés, et début juin pour les cultures sous chenilles.

Myriam Martineau, présidente de l’AIM, précise également : « Chez certains opérateurs, de fortes hausses de volumes seront observées, en lien avec la hausse des surfaces mais aussi car l’année dernière était une campagne en baisse. Nous espérons des rendements normaux. »

Pénurie de fruits d’été : vers plus de plantations de melon de fin de campagne ?

Le gel pourrait en revanche avoir un impact indirect, avec quelques velléités à la hausse des surfaces (non chiffrable à ce jour) suite aux annonces de pénuries sur certains fruits d’été. « Si c’est le cas, cela concernera des plantations prévues sur la dernière partie de campagne, pour des volumes pas avant le 15 août », nuance Marion Mispouillé, animatrice de l’AIM. Myriam Martineau confirme : « Oui, il y a eu des volontés exprimées, mais il faut aussi prendre en compte le coût des intrants (plastique, etc.) donc est-ce que l’essai va être transformé ? »

 

espagne ou france melon
Maroc, Espagne ou France, l'objectif est d'éviter la superposition
des origines sur le marché. (c) Archives Réussir.

Encore quelques semaines de Maroc

Il reste encore quelques semaines d’origine Maroc, qui a débuté fin février. Les surfaces sont quasi stables, avec 120 ha (charentais jaune) à Kenitra (stable), 1 025 ha (+ 25 ha) à Marrakech dont 46 % de serres et quasi que du charentais vert, 140 ha de charentais vert à Agadir (stable) et 200 ha de charentais vert à Dakla (-20 ha). « Pour la zone de Marrakech, les récoltes sont décalées, avec pas de pic de production pour le moment et un creux d’apport entre les serres et le plein champ, note Marion Mispouillé. Des incertitudes -moins fortes que l’année dernière- demeurent quant à la main d’œuvre, mais aussi vis-à-vis de l’approvisionnement en eau à plus long terme. »

Forte baisse en Espagne et début de campagne poussif

Les plantations en Espagne sont en baisse, conséquence de la mauvaise campagne 2020. Les surfaces sur Almeria (charentais vert) sont peu importantes et stables, à 300 ha. Seville (charentais jaune) totalise 450 ha (-50 ha). Et Murcia-Alicante (80 % de charentais jaune), à 3 900 ha, perd 200 ha. « La baisse s’est faite sur les origines tardives pour éviter les superpositions entre les origines Espagne et France », précise Marion Mispouillé. En raison d’un climat froid et humide, le début de campagne a été progressif depuis début mai, la production est échelonnée et hétérogène.

 

AIM
L'équipe de l'AIM présente les prévisions de plantations et les dossiers en cours dans la filière. (c) Capture d'écran - FLD/Medfel

 

Les travaux de la filière Melon et de l’AIM

La représentativité de l’AIM se renforce (80 % des volumes français commercialisés en 2020 par les 300 producteurs de l’AIM).

Poursuite de la diversification. En France, la tendance à la diversification va surtout en pastèque. Elle est encore anecdotique sur les autres types de melons. Le développement du bio se poursuit.

Banque de données sur les caractères d’origine. Le partenariat avec la DGCCRF pour la recherche de critères permettant la caractérisation de l’origine géographique des melons et la création d’une banque de données (comme cela a été fait pour l’ail) se poursuit.

Un nouveau nom pour la dénomination Charentais ? « Depuis 20 ans qu’on a lancé le dossier, nous n’avons jamais été aussi proches du but », confie Myriam Martineau. Ce travail de longue haleine a été lancé face au constat que l’appellation charentais perturbe les consommateurs, car ils l’associent à une région/terroir et pas à un type variétal. L’AIM travaille depuis l’année dernière avec une agence, quelques noms ont émergé, ils seront testés (ressenti consommateurs) de manière confidentielle cet été.

Communication à fond. L’AIM poursuit cet été encore la promotion générique Melons de nos Régions. « Le melon est un des produits estivaux préférés des Français -98% en consomment au moins une fois- mais nous devons faire face à de nouveaux challenges, souligne Jérôme Jausseran, producteur et responsable Communication à l’AIM. Nous devons rajeunir notre cible car les acheteurs de melons, à l’image des fruits et légumes en général, ont déjà un certain âge, explique Jérôme Jausseran. Nous devons capitaliser sur le fait que le melon bénéficie encore d’un très haut taux de satisfaction, que c’est le produit phare de l’été. Face au melon, la pastèque touche une cible plus jeune et des familles avec enfants et bébés. Peut-être parce que la volonté de tester et de varier est plus forte chez les jeunes ».

La stratégie de communication de l’AIM est donc de donner envie de consommer du melon et multiplier les usages et les occasions. L’accent sera mis sur le digital avec une présence forte sur les réseaux sociaux : publications, jeu concours, soutien de 4 influenceurs, et nouveauté : des publicités digitales sur les applications météo avec un message qui s’adapte à la météo du moment. L’AIM relance la stratégie Relations Presse. Des vidéos (une pour chacun des trois bassins) présenteront les savoir-faire des producteurs et comment pousse le melon, de nouvelles recettes originales ont été élaborées, des shootings photos du melon sont prévues…

 

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