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Congrès de l’UNPT
Des producteurs coincés entre Paris et Bruxelles

Un producteur de pommes de terre qui a bien suivi les travaux du congrès de l’UNPT (ils étaient nombreux) a du rentrer chez lui avec plus de questions que de réponses. Car la table-ronde, de haut niveau, qui a vu s’opposer l’administration française et la Commission européenne n’a pas permis de faire bouger les lignes d’un centimètre. Le dossier est désormais connu, même s’il est très loin d’être simple. La réforme de l’OCM f&l envisage d’étendre les DPU aux fruits et légumes et aux pommes de terre. Or ces productions, ne font pas parties des cultures “historiques” et ne disposent donc pas de droits propres. Dans la plupart des pays d’Europe, on a décidé de “régionaliser” ces aides et des les “partager” entre toutes les productions. La France a fait un choix différent, chaque aide restant “attachée” à sa production d’origine. Cela marchait tant que les frontières entre productions étaient parfaitement étanches, mais le procjet de la Commission va lever ces barrières. Il sera donc possible pour un céréalier par exemple de se lancer dans la pomme de terre (ou dans le légume d’industrie par exemple) sur des parcelles primées. L’écart de compétitivité de la parcelle de pommes de terre voisine non primée serait d’environ 300 euros/ha. Voilà l’enjeu. La Commission reste campée sur son projet, et renvoie habilement les Français devant leurs contradictions.

Fermeté de la France

Aucune solution ne semble donc se profiler, et le ministre de l’Agriculture a beau jeu de jouer la carte de la fermeté. “Je me suis faché très fort sur ce projet de réforme de l’OCM. C’est une remise en cause de la réforme de la Pac, a-t-il déclaré. Je m’oppose à l’intégration des productions de fruits et légumes et de pommes de terre au système des paiements uniques”. Il a ajouté qu’il s’opposerait à ce projet aux prochains conseils agricoles de mars et d’avril. Quant à ceux de mai et juin, il laissera le dossier à son successeur...

Ce congrès de l’UNPT a été par ailleurs l’occasion de faire le point sur le difficile dossier de la transformation. Avec malgré tout quelques pistes encourageantes. Ainsi, Pascal Foy, producteur et président d’Advent Agri est venu présenter la reprise par une coopérative de producteurs, associée à un industriel, de la féculerie d’Haussimont, menacée de fermeture. (cf. fld hebdo 543 du 7 novembre 2006). Plus de 300 emplois, directs et indirects étaient menacés, en plus de l’activité des producteurs livrant à cette usine. Le dossier est désormais bouclé avec un nouveau projet sur les rails. La coop détient 40 % de la nouvelle société et le partenaire privé (Sphere, fabricant de plastique, marque Alphapack notamment), a pris 60 % de la structure.

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