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Entendu au Congrès Fedepom (suite)
De nouvelles pistes pour l'export et une valorisation à améliorer

Dans notre dernière édition (cf. fld hebdo du 10 juin 2015), nous avions fait un compte rendu du congrès Fedepom des 4 et 5 juin derniers. Voici le reste des sujets débattus.

Export : nouveaux pays cibles

A la suite d'une étude réalisée pour le compte de Fedepom et du CNIPT, treize nouveaux pays ont été définis pour développer l'exportation dans de nouveaux territoires. Pour chaque marché, cette étude a mis en exergue le potentiel, la concurrence et les évolutions en place et les éventuels freins ou difficultés rencontrées. Parmi les pays cibles, les Emirats Arabes Unis, la Malaisie ou Singapour représentent les meilleurs potentiels de développement. Quant à Hong-Kong ou Dubaï, ils représentent des hub potentiels pour l'entrée dans certains pays. Mais les frontières sont totalement fermées au Canada, au Mexique, en Inde ou en Chine. Des pays comme le Liban, la Thaïlande, la Corée du Sud, le Vietnam ou l'Indonésie actuellement fermés peuvent offrir des opportunités sur le segment premium. Dans de telles opérations, il faut noter l'importance du dossier technique d'analyses phytos permettant de faire avancer les négociations.

Une liaison Dunkerque-Portugal

Le port de Dunkerque organise, avec Fedepom, une mission au Portugal le 19 novembre. Objectif : une rencontre entre exportateurs portugais et importateurs français. Depuis avril 2013, l'armement Mac Andrews (filiale de CMA CGM) a créé un service entre le Portugal et le nord de l'Europe. Le Portugal exporte surtout du papier et des bouteilles à destination du port de Dunkerque. Pourquoi ne pas envisager un trafic retour avec des conteneurs de pommes de terre ? Après des essais en 2013, le trafic est monté en puissance en 2014 puisque 15 % du marché de tubercules entre le Portugal et le nord de la France est passé par Dunkerque (environ 4 000 t/semaine). Atout de cette ligne : le maintien d'un prix durant toute la campagne pommes de terre. Le transit entre le Portugal et Dunkerque est de cinq jours (avec le transfert de la marchandise et son chargement à Dunkerque). Il se fait en conteneurs secs. La ligne prévoit un départ Dunkerque le samedi, une escale à Setúbal le lundi et l'arrivée à Leixões le mardi.

Redressement des mercuriales

Alors que tout le monde prédisait une fin de campagne exécrable, les cours des pommes de terre viennent de se redresser de façon impromptue depuis quelques semaines. Les observateurs tablaient sur des stockages remplis de tubercules qui n'arrivaient pas à trouver preneur. Force est de constater que les choses se passent différemment. D'après les opérateurs rencontrés au Congrès de Fedepom, « une telle situation peut s'expliquer ». En effet, face à l'abondance de tubercules, il y a eu des lots destinés à l'alimentation animale, puis des lots dirigés vers les banques alimentaires… Il faut reconnaître que des lots de moindre qualité sont allés, par exemple, à la méthanisation ou au compost. « On est arrivé en mai et juin avec des stocks réduits. On n'avait plus certaines qualités dans certains calibres pour offrir à nos clients », expliquait un des opérateurs. Une situation qui a fait se redresser les cours, ce qui n'est pas sans déplaire aux opérateurs de chair ferme qui ont vu les cours de leurs produits remonter en cette fin de campagne. Mais avoir négocié des “chairs fermes” aux environs de 50 €/t vers des pays de l'Est, ne laissera-t-il pas des traces pour les campagnes à venir ?

Pommes de terre et pommes “de l'air”

Les pommes “de l'air” et celles de terre ont en commun d'avoir la Chine comme premier producteur mondial. « La Chine est le premier producteur de pommes de terre, représentant 25 % du marché mondial juste devant l'UE (14 %) », a rappelé, lors du Congrès de Fedepom, Raquel Izquierdo de Santiago, secrétaire générale d'Europatat, l'organisation européenne des négociants. Mais la Chine est aussi le premier producteur mondial de pommes (35 Mt). En revanche, si la Chine est totalement fermée à l'exportation de pommes de terre françaises, il n'en est pas de même avec les pommes “de l'air”. Gérard Tessier, directeur commercial Europe de Blue Whale, a expliqué que le Moyen-Orient et l'Asie constituaient les axes de développement de son entreprise qui pèse 10 % du marché français de la pomme. « Et Blue Whale, avec 4 000 à 5 000 t de pommes exportées par an, représente 70 % des ventes françaises de pommes en Chine », a-t-il conclu.

Des “champs” à explorer

« Si un gros travail a été fait avec la segmentation, il faut prendre garde à ne pas s'endormir sur ce que tout le monde considère comme un véritable succès de la filière », a estimé Georges Daniel, qui a passé vingt ans au service des f&l chez Casino et qui siège désormais à la FCD. Pour lui, un sachet contenant des tubercules identifiés comme “Spéciales frites” doit être véritablement destiné à la frite et la filière devrait explorer des pistes comme “le code couleur”, la valorisation du vrac dans les magasins de la GMS et travailler la différenciation entre la pomme de terre lavée et la primeur.

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