Aller au contenu principal

[Coronavirus Covid-19] Pêches-nectarines : la production européenne prévue en baisse de 19%

Il ne devait pas y avoir de surproduction cette année en pêches et nectarines, comme l’ont indiqué les prévisions de Medfel. Reste à connaître le comportement du consommateur, bousculé dans ses habitudes par la crise sanitaire.

verger peches
La production européenne devrait être en baisse de 19% cette année, avec 2,4 Mt
© chemid pour Pixabay

La production de pêches, pêches plates et nectarines chez les principaux producteurs européens (Espagne, Italie, France, Grèce) devrait être en baisse de 19% cette année, avec 2,4 Mt. Il faut remonter à 2003 et à 1998 pour observer des niveaux de production aussi bas. D’une certaine manière, la filière rencontre la même situation qu’en abricot.

C’est ce qu’ont indiqué les derrières prévisions de récoltes au niveau européen, présenté par Medfel, lors d’une visioconférence le 22 mai. 

La météo s’est invitée dans le jeu, entrainant des évolutions fortes. Pratiquement, l’hiver 2019/2020 a été marqué par des températures douces voire chaudes dans certaines régions. Puis, au mois de mars, certains bassins de production comme l’Aragon, la Catalogne, la vallée du Rhône et le Nord de l’Italie ont connu des gelées.

Cette situation climatologique particulière influe sur les potentiels de production.

Des potentiels en baisse partout

En France, le gel a principalement touché la vallée du Rhône mais le manque de froid hivernal a généré aussi un déficit de charge sur certaines variétés et les pluies abondantes du printemps ont causé des dégâts notamment sur l’épiderme de certaines nectarines.

Avec une prévision de près de 183 000 tonnes de pêches et de nectarines, la production française devrait se situer 7% en dessous de la production 2019.

En Espagne, le gel en mars dans le bassin de l’Ebre et de ses affluents et la pluie en avril dans le Sud (Murcia, Andalousie) ont affecté la production. La prévision de 1 114 000 tonnes de pêches, pêches plates et de nectarines situe l’Espagne sur les niveaux qu’elle avait atteint en 2018 ce qui représente une baisse de 14 % par rapport à 2019.

Le segment des pêches plates, particularité espagnole, n’est pas épargné :  il devrait reculer de 13% par rapport à 2019, avec 282 000 tonnes.

Symptomatique de cette saison pour le moins atypique, L’Italie devrait passer sous la barre du million de tonnes cette année. Toutes les régions ont été touchées par les gelées mais tout particulièrement l’Emilie Romagne qui prévoit une production 2020 inférieure de près de 80% à celle de l’année dernière.

Du coup, avec 820 000 t prévues, le pays devrait enregistrer une récolte historiquement basse, en recule de 28% par rapport à l’année précédente. Il faut remonter d’un quart de sicle pour retrouver une telle situation.

Enfin, La Grèce qui a pareillement subi des épisodes de gels (notamment dans la région de Macédoine) devrait aligner un peu de 300 000 t de pêches et nectarines, une récolte se situant 10 % en dessous de la production 2019. Pour la pavie, la prévision est de 8% inférieure à la production 2019.

La covid-19 en embuscade

La crise sanitaire actuelle rend la filière nerveuse, et cela à deux niveaux. D’une part, elle inquiète l’amont de la filière en matière de main d’œuvre. La fermeture des frontières impacte la capacité à recruter des ouvriers saisonniers étrangers qui assurent habituellement les récoltes. Le problème est en passe d’être levé en France.

D’autre part, la Covid-19 se tient aussi « en embuscade » concernant la consommation. Quel sera le comportement du consommateur en cas d’une deuxième vague et un éventuel reconfinement ? Et même si ce scénario ne se réalise pas, de grands changements sont probables au moment des vacances d’été. L’habituelle transhumance estival Nord-Sud devrait être moins marquée que les années précédentes, avec un impact sur le secteur alimentaire. 

Il y a un troisième cas de figure néanmoins : une situation améliorée, voire quasi normale, qui aurait un effet collatéral positif sur le marché des fruits d’été. Et ce d’autant plus que le marché cette année devrait connaitre un équilibre plus favorable à la production et éviter les crises des dernières années. C’est que la filière espère.

Lire aussi : Coup d'œil sur 24 variétés de pêches

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Un champ de chou-fleur en Bretagne.</em>
Crise sur les légumes d’hiver : « Il faut que toute la filière fasse de la pédagogie sur le vrai prix des légumes »

La météo très douce, qui a accéléré les cycles de production tout en limitant la consommation, entraîne une crise sans…

<em class="placeholder">Vue extérieure du bâtiment de la casserie de l&#039;entreprise Escoute,  à Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne)</em>
Amandes dans le Lot-et-Garonne : la casserie d’Escoute au service de la relocalisation de la production

Le projet de relocalisation de la culture de l’amande dans le Sud-Ouest, porté par l’entreprise Escoute, vient de franchir une…

<em class="placeholder">Cédric Sanchez, arboriculteur à l&#039;Ile-Sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales.</em>
Clémentines en Pyrénées-Orientales : intégrer le risque de gel et de froid

La clémentine s’impose comme l’une des voies de diversification dans les vergers des Pyrénées-Orientales. Les références…

Maraîchage en région nantaise : l’automne trop doux génère une crise

Comme d’autres régions, le maraîchage nantais connaît une forte crise liée à l’automne trop doux qui a entraîné l’accélération…

<em class="placeholder">Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente. </em>
Maraîchage en Charente : « Je blanchis mes serres multichapelles une fois par an »

Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente, a témoigné de sa stratégie pour limiter les hausses de température sous abri…

<em class="placeholder">Régis Aubenas, producteur de nectarines et abricots dans la Drôme, président de l&#039;association Fruits Plus et élu à la chambre d&#039;agriculture de la Drôme. </em>
Arboriculture dans la Drôme : la reprise des expérimentations de la Sefra s’organise
La liquidation de la station expérimentale fruits Rhône-Alpes (Sefra), en juillet 2025, était « inévitable » selon…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes