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Comment favoriser les hyménoptères chasseurs de pucerons ?

Les hyménoptères de la sous-famille des Pemphredonidae chassent les pucerons pour nourrir leurs larves. Quelques actions simples peuvent favoriser leur activité de régulation.

Les hyménoptères utilisés comme auxiliaires de culture sont, pour les plus connus, des parasitoïdes. Mais de nombreux hyménoptères, appartenant au groupe des sphéciformes, chassent pour nourrir leurs larves qui sont rassemblées dans des habitats spécifiques construits par la femelle (urne de terre, galerie dans des tiges, galerie dans le sol…). Contrairement aux parasitoïdes, ces hyménoptères chasseurs ne pondent pas dans ou sur leur proie qu’ils laissent sur place. Ils rassemblent des proies dans leur habitat, souvent paralysées grâce à leur venin, puis ils pondent un œuf avant de refermer la loge.

Le plus souvent ils sont spécialisés sur une famille d’insectes en particulier, parfois une espèce. Pour la plupart, ce sont des espèces solitaires. La femelle adulte construit seule son nid et s’occupe de sa progéniture. Les hyménoptères de la sous-famille des Pemphredonidae sont des espèces rubicoles, c’est-à-dire qu’elles creusent dans la moelle des tiges et des rameaux pour installer leur nid. Les Pemphredonidae sont aphidiphages. Ces hyménoptères chasseurs de pucerons sont très courants, faciles à attirer et sont actifs de mai à octobre avec une activité maximale de juin à septembre.

30 à 50 pucerons par loge

Les femelles chassent les pucerons et les entreposent dans des loges, situées le long d’une galerie principale creusée dans la moelle des tiges et rameaux. Une fois la loge pleine, 30 à 50 pucerons suivant leur grosseur, elles pondent et referment la loge. Lorsque les œufs éclosent, les larves mangent les pucerons. Il est estimé qu’une femelle Pemphredon chasse environ mille pucerons au cours de sa vie, ce qui représente entre quatre et cinq semaines de chasse.

Moyens de préservation

Technique des fagots de sureau

Afin de favoriser les Pemphredonidae, il faut leur fournir de la nourriture et un habitat. Pour le premier point, des fleurs seraient suffisantes car les hyménoptères chasseurs adultes se nourriraient de pollen et de nectar (certains auteurs signalent que les adultes sont prédateurs de pucerons). Pour l’habitat, on peut installer des tiges de sureau noir, disposées sous forme de fagots. L’institut technique agricole Astredhor étudie depuis 2019 l’utilisation de tels fagots pour favoriser la prédation de pucerons par les Pemphredonidae. Les diamètres des tiges ne doivent pas être trop gros (environ 0,8 centimètre) pour ne pas attirer d’autres espèces d’hyménoptères chasseurs plus grosses, non aphidiphages ou parasitoïdes.

Les fagots doivent être placés en hauteur pour être le plus visible possible. À la fin de la saison, début novembre, les tiges colonisées abritent des larves et des adultes en diapause hivernale. Ces tiges peuvent être conservées l’hiver pour les remettre dans de nouveaux fagots au printemps. Les nouveaux fagots doivent être formés avec des tiges vierges et quelques tiges colonisées (par exemple 4 ou 5 tiges colonisées sur un fagot d’une quinzaine de tiges). Cela augmente la rapidité de colonisation du fagot.

Dynamique de colonisation

La dynamique de colonisation a été étudiée en observant les fagots chaque semaine. À partir du pourcentage de galeries dans un fagot, on peut déduire combien de femelles sont actives. Chaque année, la colonisation démarre toujours au même moment, fin avril début mai. Il n’y a donc pas de prédation des pucerons présents en début de saison. La période d’activité dure jusqu’à octobre, c’est un des rares auxiliaires à être actif aussi tardivement. À partir de septembre, c’est le retour des pucerons sur leurs plantes hôtes primaires. Il peut donc y avoir un impact significatif des Pemphredonidae à ce moment-là, qui peut limiter les colonies de pucerons au printemps suivant.

Les Pemphredonidae aiment la chaleur et la sécheresse. Plus il fait chaud, plus les tiges sont colonisées. Dans les essais d’Astredhor, les taux de colonisation sont plus élevés lors des étés chauds et secs, et plus faibles lorsqu’il fait plus frais et humide.

Les fagots sont idéalement formés d’une quinzaine de tiges de sureau noir, de 30 cm de long à diamètre de moelle inférieure à 1 cm. Ils doivent être préparés en mars et mis en place en avril. Il est avantageux d’y ajouter quelques tiges colonisées l’année précédente et hivernées.

Sources :

Conférence au Sival 2025 d’Alain Ferre, Astredhor

Webinaire n° 7 de la chaîne RMT BioReg

Site du RMT Bioreg

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