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Chasselas de Moissac : l’agréage remis en question

L’auto-agréage des producteurs et les contrôles chez les expéditeurs sont insuffisants. Trop de lots non conformes sont vendus sous AOC, ce qui dévalorise le produit.

“Est-il admissible de voir, sur les étals, même ceux de notre région, des raisins sous appellation qui font pâlir de honte les producteurs ?” Claude Laflorentie, président de la section régionale raisin de table du bassin grand Sud-Ouest, n’y va pas avec le dos de la cuillère, dans un billet d’humeur envoyé fin septembre aux OP et aux metteurs en marché du Sud-Ouest, et publié dans la presse locale.

Le Chasselas de Moissac AOC connaît une crise due à la destruction de parcelles par la grêle et à la mauvaise valorisation des lots qui souffrent de la concurrence de l’appellation Quercy. “En situation de crise, il est facile de désigner rapidement des coupables, sans essayer de chercher les véritables racines du mal, poursuit-il. Suffit-il de dire que la mévente de l’AOC est due à une concurrence exacerbée de l’appellation “Quercy”, “Chasselas fourre-tout” ? Ce serait avouer qu’être sous signe de qualité ne suffit pas à garantir cette dernière.” Le fait est que l’agréage du Chasselas de Moissac est réalisé par quatre agréeurs qui travaillent par sondages chez les expéditeurs. Une infime partie du raisin AOC (400 producteurs) passe entre leurs mains.

Des échantillons testés au hasard

“Une commission d’agrément composée de producteurs se réunit une fois par semaine pour tester dix échantillons choisis au hasard chez les metteurs en marché, reprend Claude Laflorentie. La semaine 37, huit lots sur dix ont été déclassés, ce qui est bien révélateur d’un état de fait. Arriver à autant de lots non conformes à ce stade de la saison, ce n’est pas normal. Parallèlement, les expéditeurs n’aiment pas que les lots soient déclassés parce que leurs clients leur réclament de l’AOC. Mais cette façon de fonctionner fait que les producteurs, qui essaient de travailler un produit conforme au cahier des charges de l’appellation, ont du mal à le valoriser.”

L’AOC est payée au producteur autour de 1 E le kilo, alors que le coût de production varie entre 1,20 E et 1,50 E. Les Chasselas les mieux valorisés le sont grâce à des démarches d’entreprise, qui n’ont pas le droit d’apposer le logo de l’AOC à côté de leur marque et qui ne mettent pas en avant l’appellation et le terroir.

Pour apporter un début de solution au problème, Claude Laflorentie propose une réorganisation de l’agréage, avec passage obligatoire, dans un lieu unique, des lots prétendant à l’AOC. “Si l’on veut garantir l’application du cahier des charges AOC et valoriser ce label, il faut que tout lot soit agréé, conclut Claude Laflorentie. Cela demandera des efforts sur le plan logistique, mais les producteurs et les expéditeurs ont tout à y gagner. Je reste persuadé que le premier outil de promotion du Chasselas de Moissac AOC est le raisin.” Cette façon de procéder pourrait être mise en place pour la prochaine campagne.

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