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Cerise : la Turquie, toujours un producteur et exportateur de premier plan ?

L’USDA a publié ses prévisions de production et d’exportation de fruits à noyau pour la Turquie. Une analyse dresse aussi le portrait de la production turque de cerises, qui se modernise pour répondre aux demandes des marchés à l’export.

La production de cerises en Turquie pour la campagne 2023-24 est prévue en hausse de +18.6 % pour les cerises douces et stable pour les cerises acides.
© Philippe Gautier archives

La production de cerises en Turquie pour la campagne 2023-24 est prévue à 900 000 tonnes (dont 720 000 tonnes de cerises douces en hausse de +18,6 % et 180 000 tonnes de cerises acides, stable), selon le dernier rapport du 18 août de l’USDA qui s’intéresse décidément fortement aux cerises outre-Atlantique. Ces 900 000 tonnes totales représentent une hausse de +8 % comparé à la campagne précédente, que le Département américain de l’agriculture impute à des conditions pédoclimatiques favorables.

La Turquie est historiquement l'un des principaux pays producteurs de cerises au monde, se retrouvant souvent parmi les quatre principaux pays exportateurs. Alors que la campagne de commercialisation débute fin avril, les exportations à début août avaient déjà atteint 75 000 tonnes et sont en passe de dépasser celles de 2022-2023.

 

Une production qui se professionnalise et se modernise pour l’export

« La forte demande à l’export de ces dernières années a été le moteur de la hausse en production de la cerise, analyse l’USDA. La Turquie est passée petit à petit d'une production traditionnelle à une production moderne, notamment en développant des vergers modernes à haute densité, en utilisant de nouveaux cultivars, porte-greffes, systèmes de formation et techniques de culture. Cependant, l'essentiel de la production de cerises est encore réalisé selon des méthodes essentiellement traditionnelles au sein d'exploitations agricoles exploitées par des exploitations familiales. La main-d’œuvre, composée de travailleurs saisonniers et de membres familiaux, est stable et relativement bon marché. »

C’est en raison de la croissance de la demande des marchés à l’export que la production de cerises douces turques a bondi, de +24 % en 10 ans. Et la hausse de la qualité exigée sur ces marchés a aussi contribué à accroître la qualité des cerises destinées au marché intérieur, précise l’USDA.

La production de cerises acides reste, elle, stable, car ce fruit est principalement utilisé dans l'industrie des jus et des confitures en Turquie.

Le prix des intrants. Sur le marché local, grâce aux rendements plus élevés, les prix des cerises douces sont restés stables cette année, même si une grave inflation alimentaire a secoué l'économie turque. Les producteurs ont du mal à faire face à la hausse rapide des prix des intrants, accentué par la faiblesse de la livre turque par rapport aux devises étrangères et de l'hyperinflation en Turquie : de mars 2022 à mars 2023, +20 % pour le prix des engrais ; +35 % pour les phytos ; +11,5 % pour l’énergie. Et depuis mars 2023 jusqu’à ce mois d’août, le prix des engrais a encore pris +42 % et celui des carburants +50 %.

 

Un exportateur de fruits à noyau qui regarde à l’Est

La Turquie est l'un des plus grands exportateurs de fruits à noyau au monde, avec plus de 250 000 tonnes exportées chaque année. La majorité est destinée à l’UE et à la Russie. Ces dernières années, les exportateurs turcs ont également recherché des opportunités pour les fruits à noyau en particulier pour leurs les cerises en Asie du Sud et de l’Est, en particulier en Corée du Sud.

Les exportations de cerises turques ont diminué au cours des deux dernières années en raison d'une diminution des volumes produits. Cependant, pour cette campagne de commercialisation 2023-24, l’USDA estime que les exportations augmenteront d'environ +33 % (à 77 000 tonnes) en raison d'une production plus élevée et d'une demande stable des pays de l'UE.

Et les pêches et nectarines ? La production de pêches et de nectarines pour la campagne de commercialisation 2023-24 est estimée à 1 million de tonnes, niveau équivalent à 2022-2023 en l’absence de dégâts dus au gel, et à des précipitations suffisantes. Les rendements fruitiers sont élevés. Les exportations de fruits à noyau devraient augmenter parallèlement avec les volumes de production au cours de la campagne. Les récoltes durent généralement de mai à début octobre. La Turquie continue de figurer parmi les dix premiers exportateurs mondiaux de pêches et de nectarines.

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