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Cerise : la déferlante turque

Plus de 400 personnes ont assisté à la journée nationale organisée par le Domaine Expérimental de la Tapy et le CTIFL, titrée “Cerise, les nouveaux défis”. Car la cerise, marché atypique s’il en est, doit s’adapter à de nouvelles règles de concurrence.

L’Espagne stagne depuis peu, mais devrait trouver une nouvelle dynamique avec le potentiel en devenir de l’Aragon. En Italie, les investissements sont nombreux dans la région des Pouilles et la Turquie n’a rien, en cerise, d’un colosse aux pieds d’argile. “Premier producteur mondial avec 250 000 t, deuxième exportateur mondial avec 40 000 t, c’est la filière cerise qui bénéficie actuellement des plus importants investissements”, devait souligner Hélène Baillon, de chez Ubifrance. Ajoutant : “Et il ne faut pas s’y tromper. Ce ne sera pas un rouleau compresseur avec du bas de gamme, mais une cerise qui fera référence en Europe pour sa qualité.”

Pour s’en convaincre, le témoignage de Belit Balci, représentant de la firme Alara, a impressionné. Alara fait partie avec Dönüs, Cena, Narpark et Er-Sah des principaux exportateurs du pays.

Alara s’appuie sur 4 000 producteurs

La société exporte 10 000 t, soit le quart des exportations turques et l’équivalent des exportations françaises. Pour ne rien perdre, même les fruits des arbres pollinisateurs sont vendus pour la transformation. Alara s’appuie sur 4 000 producteurs (rémunérés en moyenne 1,6 E/kilo en 2004) répartis sur le tiers du territoire turc ce qui permet en jouant sur les variétés, les zones de plaines et l’altitude, la latitude et la longitude de fournir de la cerise de mai à fin août. La particularité d’Alara est d’avoir intégré toute la filière. Une pépinière fournit les plants aux producteurs, suivis par des techniciens car, explique Belit Balci, “l’export n’est pas notre seul but. Nous voulons aussi introduire les nouvelles techniques de l’arboriculture moderne chez les producteurs.”

Stations agréées HACCP, BRC, Eurepgap, Iso 9001, camions spécialement aménagés pour l’hydrocooling, calibrage, conservation sous atmosphère contrôlée, rien ne manque dans la chaîne pour fournir au marché européen, une cerise (essentiellement de la variété Ziraat 0900) de qualité parfaite quatre à sept jours après la récolte. La patte des Américains n’y est pas étrangère. Les USA sont d’ailleurs un des premiers marchés d’Alara, suivie de l’Europe (“vers l’Italie, l’Espagne et la France en cas de manque”) et l’Asie.

En Europe, Alara commercialise soit par des importateurs soit en direct avec la distribution. La société a en projet de s’implanter en Argentine “pour fournir de la cerise huit mois par an. Car elle peut encore prendre beaucoup de place sur le marché des fruits. Alara est candidat pour augmenter son potentiel mondial.”

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