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Melon - Murcie
Campo de Carthagène, haut lieu du Charentais jaune espagnol

En dix ans, le marché du melon a changé la donne. Le mois de mai est devenu plus qu’important. Les producteurs et metteurs en marché se sont organisés pour répondre au mieux à cette nouvelle consommation.

En Murcie, plus de 75 % des melons Charentais jaunes sont produits dans la région du Campo de Carthagène. Traditionnellement, les cultures de plein champ sont réalisées par des Français et quelques Espagnols. Il existe aussi des serres pour démarrer la saison. La région récolte surtout durant la période comprise entre le Maroc et la campagne française de plein champ (mi-mai à fin juin). Et c’est à Pulpi (à proximité des montagnes) que Stéphane Perreau s’est installé avec deux exploitants espagnols. Les deux tiers de ses volumes sont destinés aux Ets Boyer. Il conditionne le reste sur place à Aguilas sous sa marque, Eden Celtes, qu’il commercialise en France via un réseau de grossistes qui récupère ses melons à Perpignan, sur le Marché Saint-Charles. « Auparavant, nous produisions près de Séville, mais la zone était trop difficile et instable en raison du climat, raconte-t-il. En termes de terroir ici en Murcie, le plus délicat, c’est de trouver des terres pour renouveler les productions. » Et le point crucial dans ce cas, c’est l’eau.
En dix ans, l’exportation de melons n’a cessé de croître, car la consommation augmente dans des pays non producteurs ou durant des périodes de l’année où leur culture est encore faible. « Les distributeurs cherchent à élargir leur période de mise en marché, explique Denis Balen, directeur d’équipe produit melon chez HM-Clause. Dans le cas du Charentais, le mois de mai est devenu une forte période de consommation, entraînant de la production dans des pays comme le Maroc et l’Espagne. Dans ce cas, avec la variable du transport et de la logistique, la durée de vie du melon devient un point critique. C’est ici que la génétique nous aide à prolonger la durée de vie du fruit », note-t-il encore.

Faire en sorte que le melon soit attrayant
Pour autant les metteurs en marché temporisent. « Les semenciers doivent garder en tête ce savant équilibre entre gustativité et faisabilité de production au champ, indique Joël Boyer, des Etablissements éponymes. C’est au sélectionneur de demander du gustatif et de la résistance aux insectes, maladies, etc. Une production trop précoce, trop groupée, ce n’est pas ce que l’on recherche, ni une production trop étalée dans le temps. C’est ainsi qu’on limite nos périodes de récolte selon le pays. De Murcie – des melonnières de Stéphane Perreau par exemple –, on ne fait venir du melon Charentais jaune que durant trois ou quatre semaines avant de débuter vraiment la saison dans le Sud-Est. » Et Denis Balen souligne : « Notre premier objectif consiste à augmenter le chiffre d’affaires en développant la consommation et, pour cela, nous devons faire en sorte que le melon soit un produit attrayant pour qu’il suscite le réachat. » En cela les variétés doivent être adaptées aux différents pays producteurs. Il faut donc augmenter la rentabilité sur toute la chaîne de distribution. « Si on apporte une nouvelle résistance aux maladies, alors on peut augmenter le rendement et limiter les coûts de production. »
En parallèle HM-Clause travaille sur la gustativité des fruits avec le laboratoire de la Bohalle. « Là-bas, nous travaillons sur le marquage moléculaire, l’évaluation post-récolte et la tenue du fruit tout le long de la chaîne de distribution (le passage d’une semaine en chambres froides, les deux jours à l’extérieur chez le client) pour avoir les mêmes impressions que le consommateur final. » C’est en ce sens que les essais de variétés sont importants chez les producteurs. Ces tests s’effectuent en deux temps : la première année porte sur une petite surface et la deuxième sur un volume plus conséquent afin de vérifier la tenue le long de la chaîne de distribution. En clair, il faut trois ans pour tester une nouvelle variété dans le commerce.

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