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Politique agricole
Bruno Le Maire annonce un plan national pour l’alimentation

Le ministre de l’Agriculture est bien aussi celui de l’Alimentation : ses vœux ont reflété une volonté forte de modernisation.

C’est un ministre de l’Agriculture ambitieux et offensif qui a présenté ses vœux à la presse en 2010. En poste depuis un peu plus de six mois, Bruno Le Maire a pris la pleine mesure du secteur dont il a la charge, un secteur très durement touché par la crise. « 2009 a été calamiteuse pour l’agriculture. C’est la plus grave crise depuis trente ans, a-t-il rappelé sans nier la réalité. Je vois la détresse des agriculteurs les yeux dans les yeux. » Pour le ministre, la crise du monde agricole est économique, mais elle est aussi morale. Les agriculteurs, dont le nombre diminue année après année, doutent de leur utilité, s’interrogent sur leur place dans la société. « Cette place est essentielle. Ce n’est pas la quantité qui fait l’importance du secteur. » Le projet de Bruno Le Maire est donc de donner un sens à l’agriculture et à la pêche : « Les agriculteurs et les pêcheurs sont les gardiens de la bonne alimentation de tous les Français. Je vais mettre la question de l’alimentation au cœur du projet politique du ministère. »
Le ministre a ainsi annoncé la mise en œuvre d’un plan national pour l’alimentation. Le premier objectif de ce plan est d’améliorer l’information et l’éducation : l’étiquetage des produits devra répondre aux attentes des consommateurs, la loi fixera les règles nutritionnelles en restauration scolaire et universitaire. Par ailleurs, le ministre a confirmé que l’opération “Un fruit pour la récré” sera étendue à 1 million d’enfants à la rentrée 2010 (cf. fld hebdo du 10 novembre 2009).
Deuxième pilier du plan : faire évoluer l’organisation de la chaîne alimentaire. Bruno Le Maire veut développer les circuits courts, notamment dans la restauration collective. Il a validé l’objectif de son prédécesseur de parvenir à un taux de 20 % d’aliments bio dans la restauration collective publique en 2012. Enfin, le ministère veut s’emparer du dossier des gaspillages alimentaires (15 à 30 % de la production serait perdue en France). Sur ce point il a cité l’exemple de la valorisation des invendus pratiquée par le marché de Rungis. Mais Bruno Le Maire est aussi le ministre des agriculteurs : « Il n’est pas acceptable que le producteur soit systématiquement la variable d’ajustement de la filière alimentaire. » La loi de modernisation de l’agriculture, qui devrait venir en discussion devant le Parlement au second trimestre, propose plusieurs mesures : l’obligation du contrat écrit, le renforcement de l’observatoire de la formation des prix et des marges, qui serait placé sous le contrôle du Parlement. Bruno Le Maire veut également renforcer le pouvoir des interprofessions, en modifiant le droit européen de la concurrence afin d’y intégrer une “exception agricole”.
Enfin, le ministre se veut également offensif sur la question européenne. « La régulation des marchés agricoles est le troisième grand enjeu mondial aujourd’hui. » Pour Bruno Le Maire, face aux offensives américaines, ou chinoises, « il serait absurde de ne pas préserver l’agriculture européenne ». « Nous voulons une Pac forte, avec un budget conséquent. Nous refusons toute renationalisation de la Pac » a-t-il conclu.

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