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Pêches-nectarines
Bras de fer autour du coefficient multiplicateur

Michel Barnier a signé vendredi l’arrêté instaurant un coefficient multiplicateur pour la pêche. Lundi matin, la filière attendait la décision de Christine Lagarde.

C’est une partie de billard à plusieurs bandes qui est en train de se jouer, avec comme acteurs les familles professionnelles de la filière, le ministère de l’Agriculture et celui de l’Economie. Lundi matin, le gouvernement refusait de communiquer sur ce sujet. Toutefois fld est en mesure de confirmer son information mise en ligne vendredi soir : l’arrêté instaurant un coefficient multiplicateur pour la pêche et la nectarine a été signé par Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, et transmis à Christine Lagarde. Les deux signatures étant nécessaires, la décision est donc à Bercy. La réponse, positive ou négative, du ministre de l’Economie, était attendue pour lundi dans la journée ou au plus tard mardi.

Quelle que soit sa décision, elle sera forcément insatisfaisante pour l’une ou l’autre des parties. Si Christine Lagarde signe l’arrêté, Interfel retombe dans une de ces crises dont l’interprofession des fruits et légumes a le secret. Pour les grossistes, Bernard Piton, président de l’UNCGFL, a déjà annoncé qu’il se mettait “aux abonnés absents”. C’est la politique de la chaise vide, les grossistes ayant furieusement l’impression d’être les «laissés pour compte» de cette affaire. La réaction serait aussi vive pour les enseignes de la grande distribution. Jérôme Bédier, président de la FCD, a fait savoir dès vendredi soir, qu’il porterait le dossier à Bruxelles. Depuis la création du coefficient multiplicateur en janvier 2005, de sérieux doutes existent sur son euro-compatibilité. Des doutes qui sont partagés par l’administration française. Les importateurs ne font pas mystère non plus de leur intention “d’interroger Bruxelles”.

Une non application du coef’ ne calmerait pas le jeu pour autant. Le secteur de la production (syndicats agricoles, organisations de producteurs, coopératives, organisation économique) est, et c’est une première, unanime pour demander l’application du coef’. Ils ont obtenu la signature de Barnier. En cas de refus de Christine Lagarde, l’idée de porter le dossier à l’Elysée, chez le très interventionniste Président de la République, commence à mûrir.

Partout on cherche une solution pour sortir de cette crise “politique” qui vient s’ajouter à la crise réelle et profonde qui touche les producteurs. Lundi matin, le secteur entamait son deuxième mois de crise. Et la pluie qui tombait sur Paris n’annonçait pas un retour rapide à une situation plus favorable.

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