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Antilles
Boyer, l’expert du melon des Antilles

Pour cette campagne hivernale melon, la société Boyer a axé sa communication sur son antériorité et sur son expérience de producteur aux Antilles.

L’entreprise Boyer annonce 3 500 t de melons pour la Guadeloupe et 2 300 t pour la Martinique. C’est surtout du Charentais jaune lisse à la Guadeloupe et écrit à la Martinique. Sur ce potentiel, 4 000 t partent vers les marchés européens, entre décembre et début mai, faisant de Boyer le premier (et le plus ancien) des metteurs en marché de melons des Antilles. « Le début de campagne hivernale, autour des fêtes, a été laborieux, car la climatologie a compliqué le marché en particulier en Martinique, souligne Jean-Marc Boyer. Mais nous avons réalisé les rendements et les volumes prévus, et les cours ont été justes. »
Les melons des Antilles sont commercialisés sous les marques Philibon, Flamboyant, Sun Délice, Milybon (nouvelle marque haut de gamme en 40x30) et Carlencas. Pour la première fois, ceux de la Guadeloupe afficheront leur IGP : « C’est la reconnaissance de la qualité d’un produit par rapport à un terroir et une histoire, ajoute Jean-Marc Boyer dont la famille a été le pilier de la mise en œuvre de l’IGP. Je suis persuadé que l’IGP va contribuer à renforcer l’identité des melons des Antilles. Un vrai melon, aux vrais arômes, ça existe toujours. » Boyer travaille avec l’OP Caraïbes melonniers qui regroupe une vingtaine de producteurs. « Nous avons mis en place une nouvelle manière de travailler afin de réaliser des économies d’échelle et d’homogénéiser la production. Nous louons par exemple, des parcelles plus grandes, notamment aux planteurs de canne à sucre, ce qui permet une rotation des terres et facilite le travail auparavant dispersé sur de nombreuses petites parcelles. Je crois que c’est cette nouvelle stratégie qui nous a permis de sauvegarder nos cultures de melons. »
Sauvegarder une production de melon haut de gamme aux Antilles, c’est le leitmotiv de Jean-Marc Boyer : « Il est vrai qu’aux Antilles, la production de melons s’effrite et certains opérateurs ont préféré partir au Sénégal ou au Maroc. Pour notre part, nous sommes très attachés à ce terroir et nous défendons l’origine France sur la période hivernale. » Néanmoins Boyer n’a pas de velléités expansionnistes sur les îles, dont le melon est la troisième production : « Nous n’avons pas d’intérêt à produire démesurément. Nous défendons une politique de qualité plutôt qu’une prise de nouvelles parts de marchés. Nous maintenons donc notre potentiel au niveau actuel. » Après le boom des Fêtes, Boyer réduit légèrement ses surfaces lorsque la demande faiblit. La progression en volumes reprend en janvier/février pour atteindre son rythme de croisière à Pâques. 

L’entreprise a quitté l’Espagne
La récolte, conditionnée dans l’archipel, est acheminée chaque jour par avions passagers et éclatée à Rungis. Ce qui pose la question de l’étiquetage environnemental. « C’est effectivement un problème pour les productions de contre-saison. Une étude a été mandatée par l’Odeadom. Elle compare le rejet carbone d’un camion qui part du Sud du Maroc et celui d’un avion de ligne qui part des Antilles, le premier n’est pas forcément le mieux placé. » Boyer s’est aussi installé au Maroc pour une production de fin avril à début juin, et s’est retiré d’Espagne. « Au Maroc, nous ne visons pas le créneau mars/avril. Nous avons choisi Kenitra dans le Nord pour son terroir qui procure la qualité gustative que nous privilégions. Mais cette installation s’est faite au détriment de l’Espagne où nous ne produisons plus. » Boyer produit deux récoltes. La première au printemps s’élève à 1 900 t et depuis deux ans, une seconde rotation est en place pour une production en octobre « qui reste très dangereuse ». Les melons sont produits en plein champ et priorité sur le plan variétal est donnée « au Charentais jaune. Nous ne nous lancerons pas dans des melons de diversification. » En revanche, Jean-Marc Boyer n’exclut pas de regarder vers d’autres terroirs pour compléter le calendrier. Le melon haut de gamme du Maroc est commercialisé sous deux marques différentes : Philibon et Emilibon qui est une déclinaison de la première et un outil de segmentation pour répondre à une certaine clientèle. La conclusion de Jean-Marc Boyer est explicite : « Il est évident que sur le créneau précoce, le Maroc gardera son hégémonie. Mais la concurrence est rude et les risques de déstabilisation des marchés sont importants. On parle beaucoup de ce pays mais les Antilles entendent bien défendre leur présence sur les marchés. »

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