Aller au contenu principal

Espagne - Portrait d’entreprise
Bonduelle prépare les champs du futur

Bonduelle revisite “l’ordre éternel des champs” en testant des pratiques culturales où l’agronomie redevient priorité. Des fermes pilotes montrent les voies d’avenir.

En ce mois de mars 2013, Bonduelle présentait son implantation espagnole de Murcia située à une centaine de kilomètres au Sud d’Alicante. Une zone qui permet d’approvisionner en salades les usines européennes durant la période hivernale.
« Même si nous n’obéissons pas aux règles du statut coopératif, notre groupe s’est toujours beaucoup investi dans l’amont agricole », lançait Christophe Bonduelle sur les terres espagnoles de l’un des huit sites européens d’autoproduction du groupe qui teste de nouvelles pratiques de production de salades vertes à destination de la IVe gamme. Les 10 000 ha cultivés en Russie par le numéro un mondial des légumes prêts à l’emploi en sont sûrement la meilleure preuve. « C’est là-bas qu’on a les meilleurs rendements du groupe », ajoutait-il.
Les gènes familiaux ne sont sûrement pas étrangers aux propos de ce patron de 52 ans, sorti de l’Edhec en 1982, diplôme de commerce en poche. Car celui qui « a l’habitude de garder les pieds dans ses bottes » n’hésite jamais à rappeler l’existence de la ferme familiale de “La Woestyne” à Renescure (Nord).
Pour Bonduelle Fresh Europe (BFE), l’une des quatre nouvelles business unit du groupe dirigé par Pascal Bredeloux, l’Espagne est absolument incontournable pour l’approvisionnement des huit sites industriels du groupe (1), tant en salades traiteurs qu’en salades IVe gamme, à destination de la GMS mais aussi de groupes comme McDonald’s, notamment pour les salades iceberg et romaine.
Ce qui justifie plus que jamais que Bonduelle adapte ses itinéraires culturaux à sa politique de développement durable. C’est l’objectif assigné aux 150 ingénieurs du service agronomique de BFE dirigé par Claudine Lambert. « Il ne s’agit en aucun cas de réduire la sécurité ou la qualité de nos productions, mais bien de les cultiver avec le moins d’intrants possibles tout en préservant la compétitivité d’une démarche qui s’appuie en grande partie sur le retour aux fondamentaux de l’agronomie », confirmait Christophe Bonduelle.
Le groupe n’en est pas à ses premiers essais. Sur la ferme familiale de 400 ha jouxtant la conserverie historique de Renescure (Nord), Jean Tasiaux, l’agronome de la “maison”, teste de nouvelles techniques de production qui ont permis, en l’espace de quelques années, de diminuer les factures de gasoil et de produits phytos par deux. Même chose en Picardie, où Bonduelle développe son réseau de fermes pilotes.

Demain, l’Allemagne
La région de Murcia représente 26 % du “sourcing” espagnol et 10 % de celui de l’Europe entière. Bonduelle y teste depuis plusieurs années “les choix techniques du futur” sur 146 ha totalement irrigués et loués depuis son arrivée en 2000-2001.
Durant vingt-huit semaines, Bonduelle cultive dix-huit références de salades de contre-saison (4 400 t/an environ) et y teste de nouvelles variétés. Objectif des trois agronomes en place : produire des salades, voire d’autres légumes, en diminuant les intrants (phytos et engrais notamment) avec la même rentabilité économique, mais en respectant encore plus et mieux l’environnement.
Au-delà de l’exemple espagnol, Bonduelle prépare ainsi la révolution comportementale des 3 500 planteurs livrant aux quarante-trois sites industriels répartis dans les différents continents. Avec bien sûr « des adaptations en fonction des modèles agricoles des pays », précisait toutefois Christophe Bonduelle qui veut multiplier progressivement ces réseaux de références dans les principaux pays où il est implanté.
A Murcia, “Bonduelle Fresco Agricola” teste de nouvelles méthodes de fertilisation, d’utilisation de pesticides, de gestion de l’eau ou de désherbage. Prochaine étape : l’Allemagne où Bonduelle devrait sceller un partenariat avec une exploitation du Palatinat. Elle doit devenir, dès cet été, une nouvelle ferme de référence du réseau “des champs du futur”.

(1) Dans ces huit sites industriels, Bonduelle n’intègre pas celui de la coopérative Val Nantais de Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atlantique) avec laquelle le groupe a un partenariat pour la production des salades à partir de mâches.

Les plus lus

<em class="placeholder">Des mirabelles de Lorraine presque mûres sur une branche de mirabellier.</em>
Changement climatique : « En mirabelle de Lorraine, nous ne sommes pas à l’abri de devoir irriguer demain »
Face au stress hydrique, la filière mirabelle de Lorraine n’attend pas d’être au pied du mur, comme en témoigne Quentin Hoffmann,…
<em class="placeholder">La machine de récolte Grégoire GX10.6 est adaptée aux olives et aux amandes, mais peut être utilisée également pour toute culture arboricole intensive en rang.</em>
Agroéquipement : une machine de récolte dédiée à l’arboriculture

Le constructeur charentais Grégoire propose dorénavant sur le marché français la GX10.6, machine de récolte dédiée à l…

<em class="placeholder">Montage photo montrant à droite un plan de haricots rouges, des paquets de pâtes de l&#039;entreprise Papy Pâtes (en haut à gauche) et des pommes dans un verger de pommiers ...</em>
Fruits et légumes : le zapping de la rentrée

Cinq infos positives ou insolites pour cette rentrée : une nouvelle gamme de tartinables signée Léonce Blanc, une filière…

<em class="placeholder">Maxime Dupic, producteur de mirabelles en Lorraine, pose dans son verger, on voit seulement les feuilles des arbres. </em>
Arboriculture en Lorraine : « Je teste l’enherbement sur le rang en mirabelliers »
Témoignage de Maxime Dupic, producteur de mirabelles de Lorraine IGP, qui teste l’enherbement sur le rang.
<em class="placeholder">GMS / supermarché Auchan / rayon fruits et légumes	/ grande distribution  / grande surface	/ promotions</em>
Fruits et légumes frais : la portée des accords de modération des marges en question

Alors que les marges de la distribution sont régulièrement critiquées, les accords dits de modération des marges sont, depuis…

Gestion de l’eau en Bretagne : « Malgré la sécheresse, je n’ai pas de pertes de rendement »

Jonathan Chabert est maraîcher bio à Plédéliac en Bretagne. Installé depuis 2012, il a progressivement adapté son exploitation…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes