Alsace : du bio sans perte de rendement

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Michel et Jean-Paul Horrenberger. Le premier a succédé à son père qui a fêté une carrière de cinquante ans dans le bio en juin dernier. Crédits : © C. Reibel

Jean-Paul Horrenberger est un pionnier de la bio en Alsace. Il s’installe à Durrenentzen en 1968 avec son père alors que la technique balbutie encore. Il apprend sur le tas et persévère avant de céder en 2010 l’exploitation à Michel et Frédéric, deux de ses fils, aujourd’hui associés au sein d’une SCEA. Les deux frères passent les 42 ha de l’époque, 74 ha aujourd’hui, en biodynamie. La rotation sur au moins cinq ans, entre les légumes, la luzerne, le soja, de l’épeautre, du triticale et de l’orge d’hiver est la clé de voûte du système. Les céréales laissent systématiquement la place à de la féverole ou à des petits pois qui jouent le rôle d’engrais vert. Les maraîchers pulvérisent de la bouse de corne sur sol nu et de la silice en végétation. Ils plantent à de faibles densités car « des cultures bien ventilées sèchent plus vite et favorisent moins les maladies ». Ils désherbent selon la météo thermiquement, avec des brosses, des dents ou des doigts. « Les constructeurs s’adaptent de mieux en mieux à nos besoins », commente Michel. Depuis 2010, un mélange d’huiles essentielles remplace le cuivre pour contrer le mildiou. « Si le rendement reste quelque peu inférieur au conventionnel en grains, il est égal en légumes à ce qu’obtient un itinéraire en maraîchage raisonné », remarque Jean-Paul.

Ventes sur Rungis

En dépit du développement de la mécanisation, la main-d’œuvre reste le nerf de la guerre. La SCEA emploie dix-huit permanents et fait appel à une dizaine de saisonniers. De huit à dix personnes préparent quotidiennement des commandes. Elles partent vers des clients de proximité mais aussi plus éloignés. Au départ, Jean-Paul écoule sa production sur des marchés, chez un grossiste, pratique des échanges avec des collègues. En 2007, la première boutique Côté nature créée par trois autres de ses fils, et en 2008 le lancement d’un circuit de paniers livrés aux salariés sur le lieu de travail donnent de l’ampleur aux débouchés. Depuis, Côté nature a fait des petits. Les cinq magasins de l’enseigne sont devenus les principaux clients de la SCEA. Des commandes arrivent de Rungis et d’un grossiste du Vaucluse. « Pour suivre en production, il faut respecter l’équilibre entre légumes et céréales. C’est pourquoi nous ne pouvons actuellement pas satisfaire toute la demande », avoue Michel.

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Christophe Reibel

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

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