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La cerise en crise
Accord de modération des marges : qui pilote l’avion ?

A la suite d’une annonce de la FCD, les producteurs s’indignent d’une décision prise sans leur avis. Les producteurs souhaitent plutôt un plus grand référencement à des prix corrects.

C’est par des voies détournées que les membres de l’AOP cerise supposée quand même se préoccuper de gestion de marché ont appris la mise en application de l’accord de modération des marges voulu par le Président de la République en mai dernier. Tout débute vendredi 11 juin avec l’annonce par la FCD via un communiqué de presse de l’application de cet accord « en concertation avec les producteurs ». Le 9 juin au matin, à l’appel de la FCD, en présence de Casino et Auchan les AOP Fruits et le syndicat Légumes de France se sont réunis pour un suivi de marché. Et c’est à cette occasion que la FCD aurait lancé l’idée de tester l’accord. Et, c’est avec surprise que les producteurs ont appris la nouvelle de vendredi. « Nous n’avons pas été consultés, fulmine Nicolas Benz, président de l’AOP. La cerise est en crise conjoncturelle depuis quelques jours, mais il s’agit plus d’un défaut de consommation que de prix payé à la production. Même si la baisse a été rapide, nous sommes au dessus des prix pratiqués l’an dernier à la même époque. » De nombreux opérateurs de la filière invoquent d’ailleurs plus « un coup politique » qu’une véritable initiative économique. Voire pour certains, un contre exemple. « La modération des marges n’est pas la solution, ce que veulent les producteurs c’est un référencement de la cerise dans l’ensemble des magasins, la mise en avant du produit et des prix corrects au détail qui ne dissuade pas le consommateur. Les marges sont un faux problème », note Emmanuel Demange à la FNPF. Contactée, la FCD, vendredi, mentionnait trois opérations pour le week-end. Celle de Carrefour, “5 f&l frais vendus sans bénéfice” : 3,20 € le kg, une opé chez Cora : la barquette de 750 g à 2,99 € et Coop Picardie avec la cerise à 3,19 €/kg.
Le démarrage de la campagne a été lent, en dépit d’un retard de récolte d’une dizaine de jours, et en ce début de semaine « la demande reste prudente » signale le SNM. Pour relancer le marché, « les entreprises avaient anticipé, explique Alexandra Lacoste de l’AOP cerise, en mettant en place dès ce week-end (les 13 et 14 juin) des opérations promotionnelles avec certaines enseignes. Elles seront reprises le week-end prochain et de très nombreuses animations sont prévues tout au long de la semaine, dont par exemple des annonces sur les radios internes de certaines enseignes. »
Déjà la demande avait été dopée, notamment sur le conditionné 750 g en fin de semaine dernière. Le recul de l’offre (fin de variété Burlat) sera également déterminant, et les prix actuels de 4 à 5 € au stade détail peuvent aussi inciter à la consommation même si les conditions climatiques ne paraissent pas favorables cette semaine. Donc autant de facteurs qui n’ont pas grand chose à voir avec la mécanique mise en place de l’accord de modération des marges. En région, les préfets de la Drôme et de l’Ardèche ont rencontré les producteurs, cette fin de semaine. Et la demande était quasi identique : « du référencement en magasin, mettre en avant le produit dans les enseignes avec un prix au détail correct. » Par ailleurs, la FNPF martèle son discours en ce début de campagne de fruits d’été. Après une année 2009 des plus difficiles pour l’ensemble des la filière f&l, elle rappelait déjà au sortir du printemps : « Fin avril, nous avions indiqué lors d’une réunion Interfel à la grande distribution qu’elle oublie définitivement 2009 dans ses négociations 2010. Et, nous constatons aujourd’hui que ce n’est pas le cas. »

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