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Abricot : réaction des expéditeurs

Les expéditeurs ne veulent plus être le maillon faible de la chaîne de commercialisation de l’abricot soumis à un étiquetage variétal. “Nous sommes confrontés à un gros problème d’identification des variétés d’abricots, explique Philippe Voinier, président du Sneefel, syndicat d’expéditeurs provençaux. La multiplication des variétés ne nous permet plus de distinguer des variétés très similaires visuellement et, de par notre responsabilité, de normalisation des produits, d’œuvrer sereinement pour assurer notre habilitation déléguée par la DGCCRF. Nous n’avons pas les moyens techniques et financiers de pratiquer des analyses chimiques pour identifier génétiquement les fruits. Nous sommes obligés de valider la variété d’abricot sur simple information du producteur. Même si la parole dans notre corporation tient une place prépondérante, il est évident que pour l’aspect moral et juridique, elle reste limitée. L’authenticité du produit devrait être apportée par celui qui le produit, surtout quand il s’agit d’une marque déposée.”

La traçabilité est-elle une solution ?

“Tout en étant habilités par la DGCCRF pour baptiser des produits que nous ne fabriquons pas, nous ne sommes pas reconnus juridiquement pour valider l’affectation des lots de nos stations. Nous devons prendre toutes les responsabilités, sans avoir les moyens de les assumer. Nous devrions avoir la délégation juridique pour tracer les lots lorsque les produits nous sont livrés non normalisés.” En cas de falsification, les sanctions peuvent aller jusqu’aux peines de prison avec des amendes. “Je ne veux pas nier qu’il y ait des actes volontaires, mais dans la plupart des cas, et ils sont nombreux, je crois que les expéditeurs sont plus victimes que donneurs d’ordre. Il faut qu’on arrête de nous taper dessus.” Le problème est plus complexe quand il s’agit de variétés à marque déposée. “Le paroxysme est atteint quand la normalisation variétale doit mentionner une marque commerciale déposée.”

L’an dernier, sur l’ensemble des contrôles effectués, 81 % de ces lots affichaient un taux de non-conformité variétale. Philippe Voinier souhaite la mise en place rapide de solutions car, cette saison, les contrôles vont s’intensifier. “Je crois qu’il y a des solutions d’ordre juridique et réglementaire qui doivent être étudiées au plus haut niveau des instances et de notre interprofession. Non seulement pour exercer notre métier sans mettre en péril nos entreprises, mais aussi dans l’intérêt du consommateur.”

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