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Bananes
A Marseille, Canavèse augmente son potentiel de mûrissage

Canavèse a acheté en Côte d'Ivoire sa première plantation de bananes en 1988. Les bananes sont travaillées dans les mûrisseries à Aubagne, Valence et Marseille.

Avec un potentiel de 70 000 t, le groupe Canavèse, à la fois producteur et mûrisseur est, sur le papier, en mesure de fournir plus de 10 % de la consommation française de bananes. Ce chiffre doit aller en augmentant. « Nous croyons à l'activité bananes, indique Christian Métadier, directeur général Afrique de Canavèse. Nous maîtrisons totalement la filière la production, la logistique, la commercialisation et nous travaillons avec des outils adaptés. D'ici à trois ans, les superficies en Côte d'Ivoire vont passer de 1 300 ha à 1 800 ha en raison de plantations supplémentaires. De plus, nous avons mis en place de nouvelles techniques de production qui nous accordent une intéressante marge de progression. » Il s'agit essentiellement de l'utilisation de plants certifiés, de nouvelles méthodes de lutte parasitaire plus efficaces comme le piégeage d'insectes par phéromone ou encore l'application de techniques d'assainissement du sol plus respectueuses de l'environnement.

Avec les nouvelles chambres de mûrissage du site de Marseille, Canavèse veut se positionner comme producteur mûrisseur référant.

C'est en 1988 que Canavèse a acheté en Côte d'Ivoire sa première plantation de bananes au titre de la diversification de l'entreprise. Le potentiel est complété par des apports en provenance du Ghana, de la République Dominicaine et d'Amérique du Sud. Sur le plan commercial, 35 000 t sont vendues en vert et 35 000 t passent par les mûrisseries du groupe vendues principalement à la marque Kini. Les régimes récoltés sont découpés sur place, emballés en carton puis acheminés par bateau. « Cette opération prend trois à quatre jours, explique Vincent Canavèse, directeur adjoint de la mûrisserie de Marseille. Puis le transport jusqu'en France dure dix jours. Arrivées à la mûrisserie, elles sont affinées en semaine A pour être vendues en semaine B. »

La température dans les cellules de mûrissage est portée à 18 °C

Durant le transport et le stockage, les bananes sont maintenues à température constante de 13 °C. Dans les cellules de mûrissage, la température est portée à 18 °C pendant une durée variable en fonction du stade de maturité, décliné en sept niveaux de colorimétrie, demandée par les clients. La maturation est déclenchée par injection d'éthylène et d'azote pendant deux jours, puis les cellules sont ventilées et la température est redescendue entre 13 et 15 °C. « Ce sont deux gaz naturels que l'on retrouve dans l'atmosphère, note Christian Métadier. La technique n'a pas évolué depuis vingt ans, le principe étant de faire passer l'air au travers de la palette. Ce sont les cellules de mûrissage et les équipements qui ont été améliorés. Les cellules dernière génération, comme celles dont le site de Marseille est doté, sont moins gourmandes en énergie et un nouveau logiciel permet une meilleure régulation des flux d'air. Un choix dicté par des raisons économiques et par un souci d'utiliser des techniques plus respectueuses de l'environnement. »

Pourquoi ne pas utiliser le temps de transport pour affiner les bananes ?

« Certaines compagnies ont essayé d'utiliser le temps de transport pour affiner les bananes, mais cela a été un échec. La gestion de la température et des flux d'air demande une grande précision et une surveillance de tous les jours. De plus, le stade optimal de maturité, en fonction de la demande, se fait également avec le nez et au toucher. » Les bananes sont travaillées dans les quatorze chambres d'Aubagne, les treize chambres du site de Valence agrandi et rénové en 2013 pour répondre à une augmentation d'activité et les neuf chambres de Marseille, dont quatre sont entrées en activité début septembre. « Nous croyons en notre métier et pour cela nous continuons d'investir, précise Vincent Canavèse. Le potentiel de stockage et de mûrissage du site de Marseille est passé de 4 500 t à 9 000 t. Nous avons anticipé la prévisible augmentation des marchés français et européens et nous avons encore des parts de marché à prendre sur Marseille et la Métropole où nous voulons nous positionner comme producteur/mûrisseur référant. »

Canavèse a investi des marchés plutôt au Sud de la France, le Nord préférant traditionnellement la banane des Antilles. « Nous avons des parts de marché à prendre dans le Sud, notamment auprès des grossistes et des détaillants. Pour eux, nous travaillons “à la carte”, avec un savoir-faire particulier et sur de plus petits volumes qu'à Valence ou Aubagne qui servent la grande distribution. »

Canavèse propose également des bananes bio. « Notre potentiel est de 5 000 t et la technique de mûrissage est identique à celle du conventionnel. Elles proviennent du Ghana et de République Dominicaine et nous avons obtenu le label du commerce équitable Fairtrade. Sur ce segment également, nous avons la maîtrise intégrale des flux bio. » Restent les bananes vertes. « La demande est importante dans le Sud de la France pour une consommation ethnique et nous voulons progresser sur ce créneau. Néanmoins, une bonne partie est vendue hors Europe, soit le Sahel, le Sénégal, la Mauritanie ou reste en Côte d'Ivoire. » Canavèse réceptionne les conteneurs de bananes vertes à Marseille mais certains sont envoyés directement vers les ports de Dunkerque, Anvers, les ports anglais ou le Sud de l'Espagne où d'autres mûrisseurs prennent le relais. En Europe, les bananes Canavèse sont distribuées dans une quinzaine de pays.

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