Elle s’appelle Camille, lui Illiès. Tous deux se sont lancés il y a plus de deux ans dans un projet « Artisans de demain », qui a pour objectif de « donner la parole à des hommes et des femmes qui s’engagent pour changer le futur et construire un meilleur lendemain ». Dans leur 4 x 4 Toyota, ils ont pris la route pour aller voir ailleurs, « de l’Afrique à l’Asie ». Mais pour eux aussi, le coronavirus est venu perturber le programme. Retour en France. Cet été, ils ont posé leur caméra chez Baptiste, en Normandie.

A 29 ans, l’agriculteur est installé sur l’exploitation familiale. Lui s’occupe des cultures, son frère de l’élevage de chevaux pour le centre équestre de l’exploitation. Perché dans la cabine de sa moissonneuse-batteuse, il parle de cette période de récolte qui demande beaucoup d’énergie. Blé, féverole, vesce… les remorques se remplissent. Tout paraît simple… et pourtant le chemin est semé d’embûches. « Ici, on cultive dans les cailloux », observe Baptiste, mais « plutôt que de me battre contre le sol, j’essaie de l’aider ».

Une vie dans le sol

« Pas du tout branché machine, pas du tout branché mécanique », l’agriculteur pratique l’agriculture de conservation. « On ne travaille pas du tout le sol », explique-t-il, « le but, c’est d’avoir une vie du sol la plus viable possible, un sol le plus sain possible ». Pour y contribuer, cette année, il a enrobé ses semences avec du lubricompost, du guano de chauve-souris et de la mélasse de canne à sucre. Pour améliorer les techniques de production, il expérimente. Et ça marche : les vers de terre sont de retour. « On apprend toute notre vie », affirme-t-il, même si « parfois, on met des choses en place et dix ans après on se dit, mince, ce n’était pas la bonne solution ! »

Le moins de pesticides possible

Les céréales produites de l’exploitation sont livrées sur les marchés mondiaux. Le bio et le local, c’est un « objectif sur le long terme ». Pour le moment, « ça demande une technicité que l’on ne peut pas mettre en place sur notre sol », constate-t-il. Il travaille malgré tout « au maximum avec des choses naturelles » et se dirige « vers le bio sans avoir le label » . Et les pesticides ? « Quand je dois le faire, je le fais », mais de manière « soft », avec le moins d’impact possible sur sa santé et sur celle du sol.

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Nourrir l’homme, prendre soin de ses terres, Baptiste est à sa façon un « artisan de demain ». L’aventure des deux reporters se poursuit sur leur chaîne YouTube et Instagram. « Etre en France nous a donné pleins d’idées » assurent-ils.

Lire aussi « L’agriculture de conservation des sols s’offre un label »

 

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