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Êtes-vous prêt à élever moins de génisses ?

Optimisation du coût de renouvellement, problèmes de stocks de fourrages… réduire le nombre de génisses s’avère souvent payant.

 © F. Mechekour
© F. Mechekour
 

Benoît Lechêne, en Gaec en Haute-Marne

Oui

 

 
 © DR

 

Suite à mon installation il y a quatre ans, nous avons augmenté l’effectif de nos vaches laitières (de 90 à 125 Montbéliardes) pour produire notre nouvelle référence (855 000 litres). On gardait toutes les génisses. Le taux de renouvellement est monté jusqu’à 45 %. Mais, comme l’effectif s’est stabilisé depuis deux ans, nous allons réduire le nombre de génisses élevées de 45 à 30 par an. Avec un âge au premier vêlage de 29-30 mois, cela représente une diminution de l’ordre de 15 à 20 UGB. Couplé à la diminution du nombre de bovins engraissés (abandon des bœufs…), nous allons gagner de la place dans les bâtiments et en autonomie alimentaire. C’est important dans un contexte de sécheresses à répétition. Pour réduire le taux de renouvellement et améliorer le tri, nous allons génotyper toutes nos génisses pour ne garder que les meilleures. Certaines seront inséminées avec de la semence sexée. Avant nous génotypions que les bonnes souches. Les moins bonnes génisses seront croisées avec du Limousin.

Pierre Mézières, en Gaec dans l’Orne

Non

 

 
 © DR

 

Passionné de génétique avec mes 60 vaches normandes, mais aussi sensible aux marges économiques, je sélectionne mon troupeau plutôt par une élimination par le bas des vaches à défauts plutôt que par l’investissement dans du top génétique. Soucieux aussi du besoin collectif en femelles de race Normande suite à l’élargissement de la production en AOP camembert de Normandie, je fais très peu de croisement viande seulement sur des vaches qui tardent à féconder et j’élève 30 veaux femelles normandes par an. Le génotypage de tout le lot me permettra par la suite de mieux les trier. Par sécurité, j’attends qu’elles aient 15 mois pour envisager les futures ventes et y voir plus clair dans la production de l’année à venir. Je peux ainsi vendre des génisses à inséminer, des génisses amouillantes ou des vaches en lait selon la demande. Cela ne me gêne pas d’avoir un taux de renouvellement fort (jusqu’à 40 %). Le niveau génétique monte d’autant plus vite avec des animaux plus plaisants et améliorés en mamelle et aplombs et je trouve preneur pour mes animaux adultes.

Mikaël Gonin, en Gaec dans le Rhône

Oui

 

 
 © DR

 

En 2012 nous avons arrêté l’élevage de chèvres pour nous recentrer sur les vaches laitières. Notre référence est passée de 300 000 litres à 800 000 litres de lait en 2017. Pour produire plus de lait, nous avons élevé plus de génisses et utilisé de la semence sexée sur une quinzaine de femelles par an. Puis nous avons continué sur notre lancé. Nous nous sommes retrouvés avec trop de génisses (une quarantaine par an pour un troupeau de 110 Montbéliardes) et un taux de renouvellement élevé (35 %). Nos femelles ayant un petit gabarit adapté à notre système pâturant, elles sont difficiles à valoriser à l’export. Dans le même temps, les sécheresses à répétition nous posaient des problèmes de stocks fourragers. Avec l’aide de notre conseiller du contrôle laitier, nous avons amélioré la productivité du troupeau. Nous avons augmenté la production par vache (de 7 800 à 8 500 kilos) et baissé le taux de renouvellement de 35 % à 25 % avec un objectif de descendre à 20 %. Nous avons également baissé l’âge au premier vêlage de 35 mois à 32 mois. Cette année nous allons élever 28 génisses et nous espérons descendre à 20.

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