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En Suède, plus de 11 000 kilos de lait par vache en bio

À la ferme Törlan, en Suède, les vaches pâturent et sont complémentées pour être très productives. Avec 85 % de Procross et 15 % de Holstein, les éleveurs cherchent de la rusticité et de la performance.

Bengt Svensson, éleveur, dans la stabulation de la ferme Törlan, en Suède
Bengt Svensson, un des trois associés de la ferme Törlan. « Nos croisées font en moyenne 2,8 lactations, mais on pourrait les faire durer plus longtemps. La doyenne a 11 ans. »
© C. Pruilh

La ferme Törlan, dans le sud-ouest de la Suède, compte 285 vaches, en agriculture biologique. Ce troupeau est considéré comme un des plus productifs en bio dans le sud-ouest de la Suède : plus de 12 000 kilos de lait ECM (corrigée des taux), soit 11 500 kilos de lait à 43 de TB et 35 de TP. En outre, les vaches pâturent. En Suède, il faut une sortie au pâturage au moins 12 heures par 24 heures, pendant au moins quatre mois, et que le pâturage amène 6 kg MS d'herbe à chaque vache en moyenne pendant la saison de pâturage. « Nos vaches traites ont 30 hectares de prairies accessibles. Les génisses et les taries entretiennent des surfaces en herbe près de la mer », indique Bengt Svensson, un des trois associés.

Des éleveurs qui cultivent de la protéine

Pour le reste, les éleveurs cherchent à exprimer au maximum le potentiel de leurs vaches, avec quatre lots selon le potentiel de production. Pour le lot « 40 kg de lait par jour », la ration de base est composée de 13 kg MS d'ensilage d'herbe par vache, 3 kg MS d'ensilage de maïs que la ferme cultive et plus de 5 kg de mélange fermier : un mélange blé et seigle et un autre blé et féverole. S'y ajoutent 4,3 kg d'un mix acheté, riche en protéine avec du soja et de la féverole.

La ferme Törlan est un peu à part en Suède car les éleveurs cultivent une majorité de l'alimentation des vaches. Les éleveurs réalisent aussi des essais pour produire davantage leur protéine : fléole des prés, fétuque, et dernièrement lupin. En effet, le concentré est très cher en bio. « Il est monté jusqu'à 1 200 €/t pour le correcteur protéique. En face, le prix du lait de juin était de 500 €/t, soit environ 50 €/t de plus par rapport au conventionnel (chez Arla Foods). Mais cela reste rentable », estime Bengt Svensson.

Des croisées efficaces et précoces

La rentabilité de la ferme passe aussi par les choix génétiques. Le troupeau est composé à 15 % de Holstein et à 85 % de vaches croisées Procross, un croisement trois voies avec Holstein, viking red et montbéliarde.

« À la base, le troupeau était 100 % Holstein. Nous trouvions que les Holstein avaient des pieds trop fragiles et des problèmes de fertilité. En 2013, j'ai vu des montbéliardes en France, bien robustes. Cela nous a décidés à nous lancer dans ce croisement. Nous n'avons pas opté pour la race pure montbéliarde, car nous craignons de perdre en production, raconte l'éleveur. Je garde des Holstein par passion de la génétique. »

Attention aux mamelles avec les croisées !

Ce qui plaît aux éleveurs, c'est la précocité des viking red : « Nous pouvons inséminer les génisses un mois avant les Holstein, pour du vêlage à 23 mois. Le pic de lactation est moins marqué en Procross et la production plus persistante. Les croisées perdent moins d'état. La taille des croisées est moins élevée par rapport aux Holstein, ce qui est bien : elles sont plus efficaces. Pour produire la même quantité de lait, elles mangent moins. » Le hic, c'est que « nous avons dû réformer dix vaches à cause d'un défaut sur la mamelle, depuis l'installation des cinq robots de traite en mars 2023. Nous sélectionnons sur la mamelle pour éviter les trayons trop écartés ».

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