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Comment passer à l’autoconsommation photovoltaïque

En production photovoltaïque à la ferme, la revente totale des kilowattheures produits reste le modèle économique dominant, mais l’autoconsommation se développe de plus en plus dans une logique de maîtrise à long terme de ses coûts énergétiques. Régis Le Carluer, conseiller énergies renouvelables à la Chambre d’agriculture de Bretagne, et Mickaël Feuildet, ingénieur consultant indépendant en photovoltaïque apportent leur éclairage.

Comment dimensionner son installation en autoconsommation ?

L’étude de faisabilité permet de bien dimensionner l’installation par rapport aux besoins de chaque site. Selon Régis Le Carluer, « la principale difficulté réside dans la calibration de l’installation en fonction de la demande, afin que le maximum de la production puisse être utilisé. Car pour l’instant, le stockage sur batterie est trop onéreux. » L’étude repose sur une analyse fine des consommations (par intervalles de 10 minutes) réalisée sur une période représentative de l’ordre d’un mois, puis extrapolée sur l’année.

Deux indicateurs techniques sont notamment pris en compte.

Le taux d’autoconsommation indique la part d’énergie produite qui peut être consommée. Atteindre en permanence 100 % d’autoconsommation revient à dimensionner pour juste couvrir la consommation permanente de « bruit de fond ». Le taux d’autoproduction indique la part d’énergie produite consommée sur place par rapport à la consommation totale.

Il s’agit de trouver le bon compromis. Si on privilégie trop le taux d’autoconsommation, la puissance installée sera faible, donc l’économie de facture limitée. Si on augmente trop la puissance de l’installation, on améliore le taux d’autoproduction, mais on dégrade le taux d’autoconsommation, donc la rentabilité de l’investissement. « Dans le meilleur des cas, on obtient environ 20 % de couverture de la consommation totale » estime par expérience Mickaël Feuildet. Il ajoute « qu’il est possible de surdimensionner un peu si on envisage des consommations à venir (véhicule électrique ou autre activité…). Une autre approche consiste à orienter les panneaux entre le sud, l’est et l’ouest, pour s’affranchir du pic de puissance à midi en plein sud et produire tout au long de la journée. »

Installer une installation en toiture, au sol ou un tracker ?

Au-delà des préférences personnelles, c’est l’étude de faisabilité qui permet de trancher entre les options techniques. Une implantation au sol est possible dès lors que le foncier n’a pas de vocation agricole. Le tracker en est une variante. Grâce à son mât supportant les panneaux en hauteur, il peut être posé dans un parcours, voire une parcelle cultivée. Son avantage est de pouvoir être équipé de panneaux bifaciaux (captant la lumière des deux côtés) et de suivre la courbe du soleil. Ce qui améliore grandement son rendement. Par contre, l’installation est beaucoup plus onéreuse (entre 2 et 2,5 €/Wc), du fait du pylône et des deux moteurs d’orientation. L’éleveur de poules pondeuses alternatives Philippe Carfantan a préféré installer ses panneaux sur une toiture rénovée. « Je ne souhaitais pas un système ayant de la mécanique susceptible de tomber en panne. De plus, il est sensible au vent, même s’il y a une mise en sécurité à horizontale. »

Faut-il suivre sa production en autoconsommation ?

Le suivi des flux électriques est fortement conseillé. « Il ne faut surtout pas travailler en aveugle, explique Régis Le Carluer. Il faut suivre la production et les flux de consommation. Les résultats sont-ils en accord avec les estimations de l’étude de dimensionnement ? La puissance installée est-elle totalement valorisée ? Le coût du kWh autoproduit est-il intéressant par rapport à celui du fournisseur d’énergie ? Quels sont mes taux d’autoconsommation et d’autoproduction ? » Ce suivi permet de passer d’une consommation « subie » à une consommation « pilotée ». Le fonctionnement d’installations énergivores peut parfois être décalé. Philippe Carfantan a basculé son séchage de fientes de poules de la nuit (en heures creuses moins chères) à la journée. Il valorise l’énergie produite et améliore le rendement du séchage.

Comment faire baisser les coûts ?

En Bretagne, Mickaël Feuildet travaille à des solutions « plug and play » pour faciliter le développement du photovoltaïque. « Pour des structures au sol, un agriculteur sait faire une dalle béton et monter une structure en kit avec les panneaux. Mais un professionnel reste indispensable pour le câblage et pour brancher l’onduleur. » Une simple déclaration de travaux suffit pour une installation de moins de 250 kWc et de moins de 1,80 m de hauteur. De son côté, Régis Le Carluer, qui coanime l’association des Agriculteurs producteurs d’électricité photovoltaïque associés (Apepha), indique qu’elle a lancé un appel d’offres pour acheter en nombre des structures porteuses de panneaux à monter soi-même.

Lire aussi : " Trois raisons pour continuer à investir dans le photovoltaïque agricole"

Pour aller plus loin

Les Chambres d’agriculture de Bretagne ont organisé une conférence en ligne à l’occasion du Space virtuel, qu’il est possible de revoir en cliquant sur le lien suivant : « Réduire les factures d’électricité : l’autoconsommation en photovoltaïque, un projet pour mon exploitation »

Pour ceux situés en Bretagne qui voudraient aller plus loin, les conseillers des Chambres font du conseil individuel et organisent des formations pour monter son projet photovoltaïque

 

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