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Très présents dans les élevages caprins, le Caev et la lymphadénite caséeuse se maîtrisent avec des mesures de biosécurité

Les analyses lait de tank menées par le GDS ont montré que le Caev et la lymphadénite caséeuse sont très présents en Pays de la Loire. La biosécurité est essentielle pour les maîtriser.

<em class="placeholder">Chèvre avec un abcès causé par la lymphadénite caséeuse</em>
Pour la lymphadénite caséeuse, le nettoyage et la désinfection des abcès mâtures est essentiel pour éviter la contamination du milieu par le pus.
© V. Bargain
<em class="placeholder">Pierre-Marc Milon du GDS Mayenne</em>

« Les analyses lait de tank menées en 2024 ont montré que très peu d’élevages sont indemnes de Caev et de lymphadénite caséeuse », a souligné Pierre-Marc Milon, du GDS Mayenne, lors de la journée caprine des Pays de la Loire. Le Caev est une infection virale chronique, contagieuse via le colostrum, le lait et par contact prolongé. Le virus est présent dans toutes les sécrétions. Les animaux avec des signes cliniques excrètent davantage de virus. Plus l’infection est tardive, plus l’apparition des signes cliniques est tardive. La lymphadénite caséeuse est une maladie bactérienne chronique, très contagieuse via le pus et par contact direct. Elle entraîne la formation d’abcès après deux à six mois d’incubation. La virulence de la maladie est liée à l’expression de la bactérie.

Importance de la biosécurité

Éviter l’introduction du pathogène est essentiel pour les deux maladies. « Il faut acheter les animaux dans des élevages sains, insiste Pierre-Marc Milon. C’est le principal point pour le Caev, même si ce n’est pas simple, car peu d’élevages en sont indemnes. » Limiter les intervenants extérieurs et le matériel partagé est important pour la lymphadénite. Réduire l’exposition des animaux dans l’élevage est également crucial pour les deux maladies, par l’organisation du travail (chevrettes en premier, puis primipares…), l’isolement des malades, la réforme des animaux les plus atteints. Autres points clés pour le Caev : séparer les chevreaux à la naissance, thermiser le colostrum et le lait une heure à 56 °C, séparer les jeunes dans un local à part et les primipares dans un lot à part, traire les primipares en premier et les chèvres malades en dernier. Et pour la lymphadénite, le nettoyage et la désinfection des abcès mâtures sont essentiels pour éviter la contamination du milieu par le pus, manipulations à faire avec des gants pour éviter la transmission à l’homme. Autres points pour cette maladie : désinfecter le matériel d’injection et de tonte et nettoyer régulièrement les murs, sols, zones de contention.

Enfin, réduire l’expression clinique est important. Pour le Caev, cela passe par de bonnes pratiques de traite pour limiter les mammites, par le parage des onglons, par un accès aisé au quai de traite et au parcours. Et pour la lymphadénite, il faut éviter les zones de frottement (barrières, cornadis…) et la fragilisation de la peau lors des manipulations (injections, bouclage, écornage…). « La maîtrise de la lymphadénite passe par de bonnes pratiques de biosécurité, résume Pierre-Marc Milon. Pour le Caev, la démarche se fait pas à pas, avec la maîtrise de la clinique, la réduction de la contamination et enfin l’assainissement par la réforme et un renouvellement rapide. »

Très peu d’élevages indemnes

En 2024, des analyses lait de tank ont été réalisées sur 1 000 élevages des Pays de la Loire, financées par le Brilac et le GDS Pays de la Loire. Les analyses ont montré que 6 % seulement des troupeaux étaient indemnes de Caev en 2024. « Ces résultats sont à confirmer, mais l’idée est que les troupeaux indemnes deviennent vendeurs de chevrettes pour les éleveurs qui s’installent », précise Pierre-Marc Milon. 9 % des cheptels n’ont pas révélé de lymphadénite caséeuse. « Les résultats toutefois sont peu fiables. L’analyse lait de tank n’est sans doute pas la bonne matrice pour détecter cette maladie et ne sera pas renouvelée en 2025. » 92 % des élevages étaient indemnes de paratuberculose, 79 % de mycoplasme et 67 % de fièvre Q. Les analyses seront renouvelées en 2025 pour le Caev, le mycoplasme et la fièvre Q.

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